Guerre en Ukraine : nuits en sous-sol à Kiev face aux attaques russes
Kiev sous terre : nuits en sous-sol face aux bombes russes

Depuis plusieurs semaines, Kiev vit au rythme des alertes aériennes et des explosions. Les frappes russes se sont intensifiées, forçant les habitants à passer leurs nuits dans les sous-sols et les stations de métro. Les chaînes Telegram sont devenues la principale source d'information pour suivre les attaques en temps réel.

Des nuits dans les abris

Dans le quartier de Podil, au centre de Kiev, les familles se réfugient chaque soir dans les caves des immeubles. « Nous avons installé des matelas et des couvertures, mais c'est difficile pour les enfants », témoigne Olena, 34 ans, mère de deux enfants. Selon les autorités municipales, plus de 60 % des Kievites ont accès à un abri, mais beaucoup sont vétustes ou mal équipés.

Les frappes nocturnes sont devenues quasi quotidiennes. Le 9 juillet, une attaque de missiles a touché un immeuble résidentiel dans le district de Darnytskyi, faisant 8 morts et 23 blessés, selon le service d'urgence ukrainien. Les débris ont été déblayés pendant des heures sous les yeux des riverains.

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Telegram, outil de survie

Pour anticiper les attaques, les habitants se fient aux chaînes Telegram. « Les alertes officielles sont souvent trop tardives, alors on suit les comptes qui donnent des infos en direct », explique Andriy, 28 ans, ingénieur logiciel. Des chaînes comme « Kiev Alerte » ou « Ukraine Under Attack » comptent des centaines de milliers d'abonnés. Selon une étude de l'Institut ukrainien des médias, 78 % des Ukrainiens utilisent Telegram pour s'informer sur le conflit.

Les autorités appellent à la prudence face aux fausses informations, mais reconnaissent l'utilité de ces canaux. « Telegram est devenu un outil crucial pour la sécurité civile », a déclaré le maire de Kiev, Vitali Klitschko, lors d'une conférence de presse le 10 juillet.

Une vie bouleversée

Les écoles et les commerces ferment plus tôt, et les rues se vident dès la tombée de la nuit. « On ne sort plus après 18 heures, c'est trop dangereux », confie Maria, 45 ans, vendeuse. Les coupures de courant sont fréquentes, compliquant encore la vie quotidienne. Selon l'opérateur Ukrenergo, 30 % du réseau électrique de la région de Kiev a été endommagé par les récentes frappes.

La population tente de s'adapter. Des groupes de voisins s'organisent pour partager les ressources, et des bénévoles distribuent des kits de première nécessité dans les stations de métro transformées en abris. « On ne peut pas partir, c'est notre maison », dit Olena, résignée.

Une escalade meurtrière

Depuis le début de l'année 2026, les attaques russes sur Kiev ont fait plus de 200 morts et 500 blessés, selon un bilan du ministère ukrainien de la Santé. Le 7 juillet, une frappe de missile Iskander a détruit un centre commercial dans le quartier de Holosiiv, tuant 14 personnes. La communauté internationale condamne ces attaques, mais l'Ukraine réclame davantage de systèmes de défense antiaérienne.

« Nous avons besoin de plus de Patriot et de munitions pour protéger nos villes », a plaidé le président Volodymyr Zelensky dans son allocution du 10 juillet. Les alliés occidentaux promettent de nouvelles livraisons, mais les délais restent longs face à l'urgence.

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