Kiev saisit l'ONU après des frappes russes meurtrières
L'Ukraine a officiellement demandé ce lundi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, au lendemain de frappes russes nocturnes qui ont fait au moins quatre morts et dix blessés dans plusieurs régions du pays. La demande, formulée par le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a été transmise à la présidence du Conseil, actuellement assurée par l'Albanie.
Détails des frappes et bilan humain
Selon les autorités ukrainiennes, les frappes ont visé des infrastructures civiles et énergétiques dans les oblasts de Kharkiv, Dnipro et Zaporijjia. À Kharkiv, une attaque de missile a détruit un immeuble résidentiel, faisant deux morts et six blessés. À Dnipro, un drone a frappé un dépôt de carburant, provoquant un incendie qui a blessé trois pompiers. À Zaporijjia, des tirs d'artillerie ont endommagé une école, sans faire de victimes.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a condamné ces attaques, les qualifiant de "terrorisme d'État" et appelant la communauté internationale à réagir fermement. "Chaque frappe russe contre nos villes est une violation du droit international. Nous exigeons une réponse immédiate de l'ONU", a-t-il déclaré dans une allocution télévisée.
Réaction de la communauté internationale
Plusieurs pays occidentaux ont exprimé leur soutien à l'Ukraine. Les États-Unis, par la voix de leur ambassadrice à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, ont condamné "les frappes indiscriminées de la Russie" et appelé à une réunion rapide du Conseil de sécurité. La France et le Royaume-Uni ont également demandé une réunion d'urgence, tandis que l'Union européenne a annoncé de nouvelles sanctions contre Moscou.
De son côté, la Russie a rejeté les accusations, affirmant que ses frappes visaient des cibles militaires. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : "La Russie ne cible pas les civils. Les frappes sont menées contre des infrastructures qui soutiennent l'effort de guerre ukrainien."
Impact humanitaire et énergétique
Les frappes nocturnes ont également provoqué des coupures d'électricité dans plusieurs localités, privant des milliers de foyers de courant en pleine période hivernale. Selon l'opérateur Ukrenergo, des dégâts ont été signalés sur des lignes à haute tension dans la région de Dnipro, entraînant des restrictions de consommation.
L'ONU a déjà enregistré plus de 10 000 civils tués depuis le début de l'invasion russe en février 2022, selon le Haut-Commissariat aux droits de l'homme. Les organisations humanitaires alertent sur la détérioration des conditions de vie des populations, confrontées au froid et aux pénuries.
Vers une nouvelle escalade diplomatique
La réunion d'urgence du Conseil de sécurité, qui pourrait se tenir dans les 48 heures, intervient dans un contexte de tensions accrues. L'Ukraine espère obtenir une condamnation claire de la Russie, mais Moscou dispose d'un droit de veto en tant que membre permanent. Les discussions devraient également porter sur l'envoi d'une mission d'enquête de l'ONU pour documenter les violations du droit humanitaire.
Cette nouvelle escalade survient alors que les négociations de paix sont au point mort. Les deux camps s'accusent mutuellement de bloquer tout dialogue.



