Cédric Jubillar avoue son implication dans la mort de Delphine
Cédric Jubillar avoue son implication dans la mort de Delphine

Cédric Jubillar a enfin reconnu son implication dans la mort de son épouse Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. Dans une lettre manuscrite adressée à son avocat Pierre Debuisson, révélée par La Dépêche du Midi ce lundi 6 juillet, le Tarnais de 38 ans a admis être à l'origine de sa mort. Ses avocats, Pierre et Guy Debuisson, ont tenu une conférence de presse pour détailler ces aveux.

Que contiennent les aveux de Cédric Jubillar ?

Cédric Jubillar a reconnu « son implication dans la mort de Delphine Jubillar » dans un courrier envoyé il y a deux semaines à ses avocats, arrivé avec sept jours de retard. Il s'est dit « prêt à collaborer entièrement avec la justice ». Cependant, le terme de « meurtre » n'est pas employé. Mes Pierre et Guy Debuisson évoquent plutôt « ce qui s'apparente à un crime passionnel », refusant le terme de « féminicide ». Cette ligne de défense semble viser une requalification en coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Le déroulé des faits selon l'accusé

Dans ses aveux, Cédric Jubillar admet que « son couple s'était dégradé » et qu'à « l'occasion d'une énième dispute, les choses ont dégénéré ». Il a reconnu être à l'origine de la mort de Delphine Jubillar. Selon sa version, il aurait déplacé le corps de sa femme pour épargner ses enfants. « Quand il a réalisé ce qu'il avait fait, il a tout de suite pensé à ses enfants », expliquent les avocats, évoquant une « décision quasi immédiate ». Il a ensuite chargé le corps dans son véhicule pour le transporter vers un lieu encore tenu secret. Cédric Jubillar a fourni quelques indications sur la localisation, mais réserve les détails aux magistrats.

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Pourquoi ces aveux maintenant ?

Pour la défense, l'accusé a agi par besoin de « libérer sa conscience ». « J'ai ressenti que Cédric Jubillar avait besoin et envie de parler et aujourd'hui nous avons la vérité », confie Me Pierre Debuisson. « Il y a quelques jours, il m'a dit : "Écoutez, maître, c'est moi. C'est moi qui suis à l'origine de la disparition de ma femme." » Interrogé sur la crédibilité de ces aveux, l'avocat assure qu'elle est « totale. Ça émane d'un profond sentiment, d'une envie réelle ». Les avocats affirment également : « Il n'a jamais eu les moyens de pouvoir dire la vérité, on ne l'a jamais mis en confiance avant. J'ai ressenti que celui-ci avait le besoin de parler. Un besoin verrouillé par la médiatisation de l'affaire mais aussi par la pression très forte des enquêteurs. »

Conséquences sur l'enquête et le procès

Le procès en appel devait s'ouvrir devant la cour d'assises de Toulouse le 21 septembre prochain. Ce calendrier semble désormais intenable. « C'est impossible et ça serait grotesque [que le procès soit maintenu]. Il faut laisser du temps au temps. Tout est à reprendre. Il faut qu'il soit entendu, des fouilles doivent être faites, des analyses sur le corps de Delphine si on la retrouve… », avancent les avocats. La décision finale de reporter l'audience appartiendra à la présidente de la cour. En attendant, la défense critique l'enquête, qualifiée de « bâclée », s'inscrivant dans la lignée des critiques formulées par les précédents avocats. « Si le travail avait été bien fait, il aurait mis quelques semaines, quelques mois à passer aux aveux », lance Guy Debuisson.

La détention de Cédric Jubillar contestée

Les avocats contestent vivement le régime de détention de leur client, à l'isolement depuis 2021. « Cinq ans d'emprisonnement avec une prise obligatoire de médicaments, c'est insupportable », fustige Guy Debuisson. Son fils Pierre renchérit : « J'ai tout de suite été choqué par le délabrement de cette personne à cause de l'isolement pendant cinq ans. » Ils réclament la fin de l'isolement et l'arrêt du traitement médical obligatoire, que le détenu « recrache dans les toilettes en cachette ».

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Une nouvelle image de Cédric Jubillar

Loin de l'image de l'homme arrogant ou mutique, les avocats cherchent à redessiner la personnalité de Cédric Jubillar. « Tout le monde est passé à côté de sa personnalité, avance Pierre Debuisson. C'est un homme qui a peur, qui est paniqué malgré ce qu'on dit de lui. » « En libérant sa conscience, on va découvrir un nouveau personnage. C'est un nouvel homme qui va se présenter devant les juges », estime Guy Debuisson. « Il est empreint de grands regrets. Il est très affecté par le manque de lien avec ses enfants. C'est le pire geste de toute sa vie qu'il regrette par-dessus tout. Dans sa lettre il dit : "Pauvres enfants, pauvre Delphine" », rapporte Pierre Debuisson. « Il voulait montrer qu'il y a une autre réalité, une sensibilité chez l'homme et des remords. C'est un homme qui doit être jugé comme un homme », conclut son père Guy Debuisson.