Khelga Pirogova, ex-élue russe en exil, combat un cancer et le régime de Poutine
Khelga Pirogova, opposante russe, lutte contre cancer et Poutine

Khelga Pirogova, une opposante russe entre cancer et combat politique

Cette femme de 37 ans, ancienne élue municipale à Novossibirsk en Sibérie, incarne aujourd'hui la résistance russe en exil. Élue en septembre 2020 au sein d'une coalition soutenant Alexeï Navalny, elle a dû fuir la Russie en juillet 2022, enceinte, après avoir critiqué les funérailles de soldats russes. Réfugiée à Vilnius en Lituanie, elle travaille désormais pour le Fonds de lutte contre la corruption fondé par Navalny.

Un diagnostic qui change tout

En janvier 2025, les médecins annoncent à Khelga Pirogova qu'elle souffre d'un cancer du col de l'utérus en phase terminale. « Ça signifie le cercueil ! », déclare-t-elle avec un rire déroutant. Trois semaines plus tard, le diagnostic est revu : cancer de stade 3 avec métastases limitées. Débute alors un traitement lourd associant chimiothérapie et radiothérapie.

Sur Instagram, elle tient un carnet de bord de 23 vidéos qu'elle surnomme « le journal d'une vampire ». En pyjama, le visage exténué, elle partage sa fatigue immense, sa lutte contre la perte de poids et les effets secondaires des médicaments. « Cela me soulage et je reçois un immense soutien émotionnel de mes abonnés », explique cette ancienne danseuse de swing et de boogie-woogie.

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Double combat : contre la maladie et le Kremlin

Khelga Pirogova établit un parallèle saisissant entre son combat contre le cancer et sa lutte contre Vladimir Poutine. Les deux batailles partagent selon elle une gravité similaire et nécessitent des soutiens extérieurs. Elle confie qu'elle aurait préféré qu'un « individu » responsable de « la mort d'autres personnes » tombe malade à sa place.

Son immunothérapie ciblée, traitement coûteux, est financée par un appel aux dons ayant rassemblé 65 000 euros. « Par magie », s'enchante-t-elle. Malgré la maladie, elle continue son travail au bureau de son organisation à Vilnius, où elle observe l'émergence d'une nouvelle génération de militants russes qui abordent prudemment les problèmes locaux sans contester directement le pouvoir fédéral.

La mort de Navalny et la répression

Comme de nombreux opposants, Khelga Pirogova estime que la mort d'Alexeï Navalny en prison le 16 février 2024 est un meurtre dont Vladimir Poutine est responsable. Une enquête internationale révélée récemment, menée par cinq pays dont la France et le Royaume-Uni, a conclu qu'il avait été empoisonné avec une toxine rare.

Déclarée « agent de l'étranger » par Moscou - un statut imposant de sévères contraintes - elle évite de mentionner publiquement l'identité des militants pour ne pas leur attirer d'ennuis. Face à ceux qui estiment que la Russie serait condamnée à la dictature, elle s'indigne et rappelle que de nombreuses démocraties ont connu la tyrannie.

Une mission : couper les tentacules du Kremlin

La mission de son équipe est claire : couper le maximum de « tentacules » de la pieuvre au Kremlin. Si des élections libres reviennent un jour, elle veut s'assurer que ses concitoyens « n'oublient pas de s'exprimer ». Khelga Pirogova nourrit un espoir personnel : vivre plus longtemps que Vladimir Poutine.

« Une corruption d'une ampleur monstrueuse a imprégné tout le pouvoir. Cela fait peur, mais je suis curieuse de savoir comment on pourra la combattre, lorsque Poutine disparaîtra », conclut-elle, déterminée à poursuivre son double combat contre la maladie et le régime autoritaire.

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