À l'occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, le 4 juillet 2026, l'historien John Ferling publie une analyse approfondie de la relation entre Thomas Jefferson et John Adams. Selon Ferling, ces deux hommes incarnaient les pôles nord et sud de la Révolution américaine, avec des visions radicalement différentes de la démocratie et de la société.
Des origines et des caractères opposés
Thomas Jefferson, né en 1743 en Virginie, était un riche planteur esclavagiste. John Adams, né en 1735 dans le Massachusetts, était un avocat issu d'une famille modeste. Leurs parcours reflètent les divisions régionales et sociales des colonies américaines. Jefferson, grand et élégant, était un intellectuel réservé, tandis qu'Adams, petit et bavard, était un passionné de politique.
Une collaboration historique pour l'indépendance
En 1776, Jefferson et Adams siégèrent au comité chargé de rédiger la Déclaration d'indépendance. Jefferson en fut le principal auteur, mais Adams joua un rôle crucial dans le débat au Congrès. Selon Ferling, « Adams a été le moteur politique qui a permis l'adoption du texte ». Le 4 juillet 1776, les deux hommes votèrent ensemble pour l'indépendance.
Des divergences profondes sur le gouvernement
Après la guerre d'indépendance, leurs chemins divergèrent. Jefferson prônait un gouvernement central faible et une société agricole, tandis qu'Adams défendait un exécutif fort et une économie commerciale. Leurs débats sur la Constitution et la Révolution française les opposèrent violemment. Jefferson voyait la Révolution française comme un prolongement de la lutte américaine, alors qu'Adams la condamnait comme une anarchie sanglante.
Une amitié brisée puis renouée
Leur rivalité politique atteignit son apogée lors de l'élection présidentielle de 1800, où Jefferson battit Adams. Ce dernier quitta Washington avant l'investiture, amer. Pendant 12 ans, ils ne s'écrivirent pas. Mais en 1812, sur l'initiative de Benjamin Rush, ils renouèrent une correspondance célèbre. Selon Ferling, « leurs lettres montrent une réconciliation intellectuelle et émotionnelle profonde ».
Un héritage commun malgré tout
Jefferson et Adams moururent tous deux le 4 juillet 1826, exactement 50 ans après la Déclaration. Leur mort simultanée symbolisa leur unité dans la fondation de la nation. Ferling conclut : « Ils étaient les deux faces d'une même médaille, nécessaires l'un à l'autre pour créer la démocratie américaine. »



