Israël renforce ses frontières et son réseau d'alliés face à l'axe iranien
Israël construit un réseau d'alliés contre l'axe iranien

La fortification des frontières israéliennes

À l'horizon, la montagne vert foncé se détache sur le ciel bleu azur. Sur la ligne de crête, un étrange liseré blanc semble les séparer. En se rapprochant, ce trait blanc se révèle être un mur longeant la frontière israélo-libanaise. Quasi inexistant avant le pogrom du 7 octobre, il borde désormais 70 % de cette frontière pour prévenir ou compliquer une attaque éventuelle du Hezbollah, proxy iranien toujours très présent au sud du Liban.

Un projet similaire démarre le long de la frontière avec la Jordanie, malgré un traité de paix signé avec Amman en 1994. "Malheureusement, de nombreuses forces islamistes radicales se développent en Jordanie", explique Sharren Haskel, vice-ministre israélienne des Affaires étrangères. Une réalité que le Royaume hachémite tente également d'endiguer, comme en témoigne la décision d'avril 2025 d'interdire toutes les activités des Frères musulmans.

L'efficacité limitée des obstacles physiques

L'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a prouvé que les obstacles physiques ne garantissent pas la sécurité. "Le mur est important, mais il n'est qu'un élément de notre politique", précise Sharren Haskel. La diplomatie en est un autre pilier essentiel.

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Eric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël, souligne : "Depuis deux ans, la diplomatie sert uniquement la sécurité d'Israël. Pour ses dirigeants, la ligne de front relie Gaza, Beyrouth, Damas, Sanaa et, bien sûr, Téhéran."

Le Somaliland, nouvel allié stratégique

Israël vient de se faire un nouvel ami : le Somaliland. Après l'annonce surprise d'un accord de reconnaissance mutuelle le 26 décembre, les relations se sont intensifiées rapidement :

  • Visite du ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa'ar
  • Délégation du Somaliland en Israël
  • Rencontre des présidents à Davos

Cette passion soudaine s'explique par l'importance géostratégique du Somaliland, situé dans la Corne de l'Afrique. Ce territoire de 177 000 kilomètres carrés contrôle l'accès à la mer Rouge et n'est qu'à 250 kilomètres des côtes yéménites.

Une coopération militaire prometteuse

Lors de sa visite, Gideon Sa'ar a évoqué un partenariat stratégique en matière de défense. La ville de Berbera, avec son port en eau profonde et son aéroport où douze hangars ont été construits, pourrait accueillir une base militaire israélienne. Les autorités yéménites houthies ont immédiatement averti que toute présence israélienne au Somaliland serait considérée comme "une cible militaire".

Le renforcement des alliances régionales

Israël construit un solide réseau d'alliés pour contrebalancer l'axe mené par Téhéran. Trois pays arabes se sont abstenus de condamner la reconnaissance du Somaliland : les Émirats, le Bahreïn et le Maroc, signataires des accords d'Abraham en septembre 2020.

Le Somaliland devrait rapidement rejoindre ce "club" des Accords d'Abraham, initiative diplomatique destinée à contrer l'axe iranien. La coordination militaire s'intensifie, comme en témoigne la rencontre fin janvier à Tel-Aviv entre l'amiral Brad Cooper du Centcom et les gradés militaires israéliens.

Autres piliers du dispositif israélien

L'Azerbaïdjan constitue un autre pilier important. Ce pays chiite, frontalier de l'Iran, entretient des relations étroites avec Israël depuis 1993, particulièrement dans les domaines économique, énergétique et militaire.

Au nord-ouest, Israël consolide ses liens avec la Grèce et Chypre pour avoir une position militaire forte en Méditerranée orientale face à la Turquie. Le 22 décembre, le trio s'est réuni à Jérusalem pour leur 10e sommet, qualifié de "mur de dissuasion contre la Turquie".

Une position stratégique renforcée

"Finalement, l'État hébreu est dans une position stratégique bien meilleure qu'avant la guerre", résume Eric Danon. "C'est la première fois depuis 1948 qu'Israël est sous une menace existentielle mais n'est plus pour autant dans un risque existentiel, car aucun pays ne peut le détruire aujourd'hui."

Pourtant, les Israéliens restent traumatisés par la déflagration du 7 octobre. Selon un sondage de décembre :

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  1. Seuls 43 % considèrent que la situation sécuritaire est meilleure qu'avant la guerre
  2. 60 % pensent qu'une nouvelle intifada éclatera prochainement en Cisjordanie
  3. 74 % estiment que le désarmement du Hamas a peu ou pas été atteint

Malgré ces inquiétudes, la stratégie israélienne de fortification frontalière et d'expansion diplomatique se poursuit résolument, dessinant une nouvelle carte des alliances au Proche et Moyen-Orient.