Iran : succession incertaine après la mort de Khamenei dans des frappes américano-israéliennes
Iran : succession incertaine après la mort de Khamenei

Une période d'incertitude s'ouvre en Iran après la mort du Guide suprême

Un manifestant brandit une photo de l'ayatollah Ali Khamenei tandis que des personnes en deuil se recueillent sur une place de Téhéran, le 1ᵉʳ mars 2026. Cette scène illustre le choc qui traverse l'Iran après les frappes américaines et israéliennes qui ont débuté le samedi 28 février. La mort dans ces bombardements du Guide suprême iranien, après près de trente-sept ans au pouvoir, a enclenché un mécanisme de succession complexe, comme le rapporte l'agence Associated Press.

Un vide de pouvoir historique

Le Guide suprême détient l'autorité ultime en Iran. Il est le chef des forces armées et du corps des gardiens de la révolution islamique, pilier sécuritaire et acteur économique majeur du pays, placé au cœur de la stratégie régionale iranienne face aux États-Unis et à Israël. Cette période de transition s'ouvre alors qu'une partie des hauts responsables iraniens ont aussi été tués dans les frappes de samedi.

Selon l'armée israélienne, « 40 commandants supérieurs » sont morts dans les bombardements. Les forces de l'État hébreu assurent, par ailleurs, avoir « démantelé la majorité des systèmes de défense aérienne dans l'ouest et le centre de l'Iran » et disent « ouvrir la voie à l'établissement d'une supériorité aérienne dans le ciel de Téhéran ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des pertes significatives parmi les dirigeants

Parmi les hauts dignitaires morts figurent notamment :

  • Ali Shamkhani, conseiller du Guide suprême et secrétaire du Conseil de défense
  • Abdolrahim Moussavi, chef d'état-major des forces armées
  • Mohammad Pakpour, commandant en chef des gardiens de la révolution
  • Aziz Nasirzadeh, ministre de la défense
  • Gholamreza Rezaian, chef des services de renseignements de la police

Le mécanisme de succession se met en place

La question de la succession d'Ali Khamenei n'avait jamais été soulevée publiquement. Pourtant, selon la constitution iranienne, le Guide suprême est nommé par une Assemblée d'experts composée de 88 membres du clergé.

Un conseil provisoire pour assurer la continuité

Conformément à la Constitution, un conseil provisoire a été mis en place, dimanche, pour assurer la continuité du pouvoir. L'ayatollah Alireza Arafi a été nommé à la tête du conseil des dirigeants, un organe chargé de remplir le rôle du Guide suprême dans l'attente de nouvelles élections, a rapporté l'agence de presse ISNA.

Membre du Conseil des gardiens de la Constitution, Alireza Arafi siégera aux côtés du président, Massoud Pezeshkian, et du chef de la justice, Gholamhossein Mohseni Ejei. En parallèle, l'Assemblée des experts – l'organe de 88 religieux chiites élus pour huit ans – doit désigner « dans les plus brefs délais » un nouveau Guide suprême, conformément au droit iranien.

Des candidatures sous contrôle

Les candidatures à cette assemblée sont validées par le Conseil des gardiens de la Constitution, connu pour écarter des prétendants jugés indésirables. En mars 2024, l'ancien président, Hassan Rohani, avait ainsi été disqualifié. Les tractations autour de la succession se déroulent traditionnellement dans la plus grande opacité.

Longtemps pressenti comme possible successeur, le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi est mort dans un accident d'hélicoptère en mai 2024, ce qui complique davantage le processus de succession.

Les prétendants possibles à la succession

Les noms du président iranien, Massoud Pezeshkian, ou celui d'Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale, sont évoqués pour prendre la succession d'Ali Khamenei. Celui de Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême et religieux chiite de 56 ans, revient également, selon Associated Press, bien qu'il n'ait jamais occupé de fonction officielle.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Un possible passage de pouvoir controversé

Un passage du pouvoir de père en fils pourrait toutefois susciter des critiques, y compris parmi certains soutiens du régime, dans un pays marqué par la chute en 1979 du chah Mohammad Reza Pahlavi. La République islamique n'a connu qu'une seule transition à ce poste depuis la révolution de 1979 – en 1989, après la mort du grand ayatollah Ruhollah Khomeyni.

Cette période de transition intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, avec des relations déjà extrêmement conflictuelles entre l'Iran d'une part, et les États-Unis et Israël d'autre part. La manière dont se déroulera cette succession pourrait avoir des implications majeures pour l'équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient.