L'Iran enchaîne les tragédies : de la répression interne aux frappes étrangères
Le début de l'année a plongé l'Iran dans un bain de sang d'une rare violence. En janvier, confronté à une nouvelle révolte populaire contre près d'un demi-siècle de régime autoritaire, la République islamique a répondu par une répression d'une brutalité inouïe. Les forces de sécurité ont déployé une panoplie d'armes meurtrières contre les manifestants, des mitrailleuses aux fusils de précision, en passant par des machettes, des couteaux et des armes d'assaut.
Un massacre qui a submergé les infrastructures
La férocité de la répression a été telle que les morgues se sont rapidement retrouvées débordées par l'afflux de cadavres. Les trottoirs étaient jonchés de sacs mortuaires, tandis que les sols des hôpitaux restaient maculés de sang séché. « Qu'avons-nous fait pour mériter cela ? » s'interrogeait une mère éplorée, dansant sur la tombe de son fils de 17 ans, fauché par les balles des forces de l'ordre. « Soyez maudits, vous qui avez pris mon enfant. »
Pourtant, la malédiction semble s'être abattue sur l'ensemble des enfants d'Iran, alors que le pays de 90 millions d'habitants doit désormais faire face à une nouvelle menace extérieure. Les missiles israéliens et américains ont commencé à pleuvoir sur le territoire iranien, comme si l'ordre mondial répondait à chaque appel à la vie par son anéantissement pur et simple.
Une violence cyclique et insatiable
Cette situation illustre une violence cyclique, folle et apparemment sans fin, nourrie par une soif insatiable de destruction. Alors que les fusils du gouvernement iranien se taisaient enfin après des semaines de répression, les bombes américaines sont arrivées. Au moment où les forces de sécurité iraniennes se retiraient des rues, les premières frappes aériennes commençaient, créant une continuité macabre dans la souffrance du peuple iranien.
Des dizaines de milliers de personnes ont été massacrées lors de ces événements tragiques, laissant derrière elles un pays en ruines et un deuil sans fin. Cette perte collective façonne désormais chaque jour de la vie des Iraniens, marqués par une histoire qui semble se répéter inlassablement.
Une histoire personnelle née dans la prison d'Evin
L'auteure de ce témoignage se présente comme un enfant de ces ruines, de ce deuil perpétuel. Son histoire personnelle a débuté dans un lieu symbole de captivité et de mort : la tristement célèbre prison d'Evin, détruite le 23 juin 2025 par des frappes israéliennes. Née en 1983 dans cette prison où ses parents étaient emprisonnés pour leur activisme politique contre la République islamique, elle incarne la résilience face à l'oppression.
Le régime traquait alors méthodiquement les dissidents. Si certains, comme ses parents, ont miraculeusement survécu et sont rentrés chez eux, d'autres ont connu un sort bien plus tragique. Durant l'été 1988, dernière année de la guerre Iran-Irak, des milliers de prisonniers politiques ont été exécutés sommairement et jetés dans des fosses communes anonymes. Son oncle Mohsen comptait parmi ces victimes oubliées.
Cette histoire personnelle s'inscrit dans la longue litanie des violences qui frappent l'Iran depuis des décennies, où chaque période de répression interne semble désormais suivie de menaces extérieures, créant un cercle vicieux de souffrances pour la population civile.



