Iran : la sociologue Azadeh Kian analyse la résilience du régime après la mort de Khamenei
Iran : la résilience du régime après la mort de Khamenei

Iran : une transition sous haute tension après la disparition du Guide suprême

Le 28 février 2026, selon des déclarations de l'ancien président américain Donald Trump, le régime iranien aurait perdu 48 de ses dirigeants, dont la figure centrale Ali Khamenei, Guide suprême au pouvoir depuis trente-sept ans. Cet événement marque un tournant historique pour la République islamique, ouvrant une période de profonde incertitude quant à sa survie politique et institutionnelle.

Un comité de transition aux commandes

Conformément à la constitution iranienne, un comité de trois personnalités assure actuellement la transition du pouvoir. Ce triumvirat comprend l'ayatollah Ali Reza Arafi, le président iranien Massoud Pezeshkian et le chef de la justice Gholamhussein Mohseni Ejeï. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, participerait également aux décisions cruciales de cette période de crise.

La question cruciale des Gardiens de la révolution

Alors que Téhéran engage des ripostes militaires contre les pays du Golfe abritant des bases américaines et contre Israël, une interrogation majeure persiste : combien de temps les puissants Gardiens de la révolution peuvent-ils maintenir la stabilité du régime ? Cette force paramilitaire, pilier du système depuis la révolution de 1979, se trouve au cœur des enjeux de pouvoir actuels.

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Analyse d'une spécialiste : Azadeh Kian

La sociologue franco-iranienne Azadeh Kian, directrice du Centre d'enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes (CEDREF) de l'université Paris Cité, apporte un éclairage précieux sur cette situation complexe. Selon elle, affirmer que le régime va s'effondrer simplement parce que Khamenei n'est plus là constitue une erreur d'analyse fondamentale.

« La République islamique d'Iran est un régime institutionnalisé, très différent du régime du Shah qui reposait uniquement sur le monarque », explique la chercheuse. Cette distinction structurelle suggère une résilience potentielle du système malgré la disparition de son leader charismatique.

Les Gardiens de la révolution : gardiens du système

Azadeh Kian insiste particulièrement sur le rôle déterminant des Gardiens de la révolution dans cette période de transition. « Ils ne vont certainement pas tout lâcher », affirme-t-elle, soulignant leur implication profonde dans l'appareil d'État iranien, tant sur le plan militaire qu'économique et politique.

Cette analyse contraste avec certaines prédictions alarmistes sur un effondrement imminent du régime. La sociologue met en avant la capacité d'adaptation d'un système qui a survécu à plusieurs décennies de pressions internationales, de sanctions économiques et de contestations internes.

Un contexte régional explosif

La situation se complique davantage par les tensions régionales actuelles. Les ripostes iraniennes contre les bases américaines dans le Golfe et contre Israël créent un environnement géopolitique particulièrement volatile. Cette escalade militaire pourrait soit fragiliser davantage le régime en transition, soit au contraire renforcer la cohésion nationale autour des nouvelles autorités.

La période qui s'ouvre représente donc un test crucial pour la République islamique, devant démontrer sa capacité à gérer simultanément une transition de pouvoir historique et des conflits régionaux multiples, tout en maintenant la stabilité interne face à d'éventuelles contestations.

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