L'Iran durcit les conditions de navigation dans le détroit d'Ormuz après les frappes américano-israéliennes
L'Iran a pratiquement fermé le détroit stratégique d'Ormuz, long de 167 kilomètres, depuis les frappes conjointes américano-israéliennes du 28 février dernier. Dans un communiqué officiel transmis à l'Organisation maritime internationale (OMI), Téhéran a précisé que seuls les « navires non hostiles » peuvent désormais emprunter cette voie maritime cruciale, à condition de respecter strictement les règles de sûreté et de sécurité établies par les autorités iraniennes.
Des règles de passage très restrictives
Le document, daté de dimanche et émis par le ministère iranien des Affaires étrangères, stipule clairement que les navires bénéficiant d'un passage sûr doivent « ne pas participer à des actes d'agression contre l'Iran ni les soutenir ». La coordination préalable avec les autorités compétentes iraniennes est également rendue obligatoire pour tout transit. L'OMI a confirmé avoir diffusé ce communiqué à ses États membres et aux organisations non gouvernementales concernées.
Les États-Unis et Israël explicitement visés
Le texte diplomatique iranien désigne nommément les États-Unis et Israël comme les principaux responsables de la situation actuelle. Il affirme que « tout actif appartenant aux agresseurs - à savoir les États-Unis et le régime israélien - ainsi qu'aux autres participants à l'agression ne peuvent prétendre à un passage pacifique ou non hostile ».
L'Iran rejette toute la responsabilité des perturbations actuelles sur ces deux pays, les accusant de mener une « guerre illégale et déstabilisatrice » qui mettrait en péril la paix régionale et exposerait le transport maritime international à des menaces sans précédent.
Un impact économique immédiat et massif
Les conséquences de cette fermeture quasi-totale du détroit d'Ormuz sont déjà dramatiques pour le commerce maritime international. Selon les données de la société d'analyse Kpler, seulement 116 traversées ont été effectuées entre le 1er et le 19 mars, ce qui représente une baisse vertigineuse de 95% par rapport aux périodes de paix normale.
Parmi ces rares traversées :
- 71 concernaient des pétroliers
- Plus de la moitié de ces pétroliers étaient chargés
- La majorité naviguaient sous pavillon iranien, grec ou chinois
- La destination principale était le marché asiatique vers l'est
Cette situation a provoqué une envolée spectaculaire des prix mondiaux du pétrole et du gaz, créant des tensions supplémentaires sur les marchés énergétiques internationaux déjà fragilisés.
Des négociations diplomatiques en cours
Face à cette crise majeure, plusieurs gouvernements ont engagé des pourparlers directs avec Téhéran pour tenter de coordonner les transits maritimes. Selon les experts de « Lloyd's List Intelligence », la Chine, l'Inde, le Pakistan, l'Irak et la Malaisie négocient actuellement avec les autorités iraniennes, notamment avec les Gardiens de la révolution, pour établir des protocoles de passage sécurisés.
Ces discussions diplomatiques visent à trouver un équilibre entre les exigences de sécurité iraniennes et les besoins vitaux du commerce maritime international, particulièrement dépendant de cette voie stratégique pour le transport des hydrocarbures.



