Tensions Iran-Royaume-Uni : une attaque de missiles sur Diego Garcia échoue
Iran : attaque ratée sur la base de Diego Garcia

Une attaque iranienne sur une base stratégique échoue

Les tensions entre Téhéran et Londres ont atteint un nouveau sommet ce week-end. Une source officielle britannique a confirmé ce samedi que l'Iran avait tenté, « sans succès », de frapper la base américano-britannique de Diego Garcia vendredi. Cette installation militaire, située en plein océan Indien à près de 4 000 kilomètres du territoire iranien, a été la cible de cette attaque avortée.

Une tentative de frappe infructueuse

Selon les informations rapportées par Le Wall Street Journal et citant plusieurs responsables américains, l'Iran a lancé deux missiles balistiques en direction de Diego Garcia. Aucun des deux projectiles n'a atteint sa cible. Le premier a connu une défaillance en vol, tandis que le second a été intercepté par un missile tiré depuis un navire de guerre américain. Le Pentagone, sollicité par l'AFP, s'est refusé à tout commentaire sur cet incident.

Cette tentative a eu lieu peu avant que le gouvernement britannique n'annonce, vendredi soir, autoriser les États-Unis à utiliser certaines bases britanniques pour frapper des sites iraniens. Ces opérations, présentées comme « défensives », visent spécifiquement des installations utilisées pour attaquer des navires dans le détroit d'Ormuz.

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La réaction britannique et les accusations

Le ministère britannique de la Défense a condamné fermement cette action samedi. Un porte-parole a qualifié les attaques iraniennes d'« irresponsables », affirmant qu'elles « constituent une menace pour les intérêts britanniques et les alliés de la Grande-Bretagne ».

Diego Garcia, située sur une île isolée de l'archipel des Chagos, est l'une des deux bases britanniques que les États-Unis peuvent désormais utiliser pour des « opérations défensives spécifiques contre l'Iran ». L'autre base concernée est celle de Fairford, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

La décision de Londres d'autoriser Washington à utiliser ces bases pour frapper des sites iraniens menaçant le détroit d'Ormuz a suscité de vives réactions. L'ancien président américain Donald Trump a fustigé le Royaume-Uni, estimant que cette autorisation aurait dû être accordée « beaucoup plus rapidement ».

De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé le Premier ministre britannique Keir Starmer de mettre « des vies britanniques en danger » en autorisant l'utilisation de ces bases. Il a ajouté que l'Iran « exercerait son droit à la légitime défense » si nécessaire.

Une base d'importance stratégique majeure

Pour Tom Sharpe, ancien commandant de la Royal Navy et expert au Royal United Services Institute (RUSI) à Londres, cette tentative infructueuse démontre que l'Iran possède des missiles de longue portée, dont l'existence était connue même si elle n'était pas officielle. Il estime que cet incident montre que les Iraniens restent « capables de déplacer des lanceurs mobiles sans être repérés, de les mettre en position et de tirer sans être touchés ». Cependant, il précise que cela ne change pas fondamentalement l'équilibre des forces dans la région.

La base de Diego Garcia revêt une importance stratégique cruciale pour les États-Unis. Washington y stationne des sous-marins nucléaires, des bombardiers et des destroyers. Le Royaume-Uni a signé en 2025 un accord pour rétrocéder l'archipel des Chagos à l'île Maurice, tout en conservant un bail de 99 ans sur Diego Garcia afin de maintenir cette installation militaire essentielle.

Cet épisode illustre l'escalade des tensions dans la région, où les manœuvres militaires et les déclarations diplomatiques se multiplient, créant un climat d'incertitude et de confrontation entre les différentes parties impliquées.

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