Iran 1989 : la succession de Khomeini et l'ascension de Khamenei
Iran 1989 : succession de Khomeini et ascension de Khamenei

La disparition de l'ayatollah Khomeini et la transition du pouvoir en Iran

Le 3 juin 1989, l'ayatollah Khomeini s'éteint, dix ans après son retour triomphal d'exil. Cet événement marque un tournant crucial pour la République islamique d'Iran, plongeant le pays dans un deuil national de quarante jours. Les institutions du régime, bien que verrouillées pour assurer une continuité apparente, doivent faire face à l'immense défi de succéder à un guide aussi charismatique.

Un successeur rapidement désigné

Dans un temps record, l'Assemblée des experts, toute-puissante, désigne Seyyed Ali Khamenei Moussavi, alors âgé de 51 ans et président de la République islamique. Les officiels le présentent comme "universellement reconnu comme juste, pieux et compétent". Ce choix semble judicieux du point de vue des tenants du régime théocratique, car Khamenei apparaît comme une figure capable de maintenir un équilibre entre les différentes factions au pouvoir.

Un diplomate en poste à Téhéran confie : "Khamenei est peut-être le seul dignitaire capable sinon de réconcilier vraiment, du moins de faire coexister sans trop de heurts les partisans du clan des radicaux et de celui des pragmatiques." Cette capacité à naviguer entre les extrêmes explique en grande partie sa désignation face à des concurrents comme Ali Akbar Hashemi Rafsandjani, président du Parlement, pourtant considéré comme favori.

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Les rivalités et les manœuvres politiques

La course à la succession est marquée par des rivalités intenses et des manœuvres politiques. Rafsandjani, après l'élimination de l'ayatollah Hossein Ali Montazeri en août 1988, tente de redorer son blason en adoptant une ligne dure. Au début du mois de mai 1989, il appelle au meurtre, dans la droite ligne de l'imam Khomeini qui s'était déchaîné contre Salman Rushdie.

Cette surenchère vise à s'afficher comme un inconditionnel de la révolution, alors que ses rivaux rappellent son implication dans le scandale de l'Irangate, un marchandage avec les émissaires secrets de Washington. Rafsandjani conseille même au peuple palestinien de venger ses morts en tuant "cinq Américains, Britanniques ou Français", avant de se rétracter pour éviter une nouvelle crise avec l'Occident.

L'héritage de Khomeini et l'avenir de l'Iran

Malgré ces efforts, c'est Khamenei, un allié non inconditionnel de Rafsandjani, qui l'emporte. Sa désignation assure une transition en douceur, sans troubles majeurs pendant les quarante jours de deuil. Les mouvements d'opposition exilés, bien que présents, ne parviennent pas à profiter de la situation pour faire un retour en force.

Le fils de Khomeini, Ahmad, est écarté de la succession, sa personnalité ne séduisant personne. Ainsi, le régime réussit à préserver un semblant d'ordre, mais la question de remplacer un guide aussi influent que Khomeini reste entière. L'avenir de l'Iran sous Khamenei s'annonce comme un défi permanent, entre maintien de l'orthodoxie révolutionnaire et nécessités pragmatiques.

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