Une campagne de dénigrement ayant ciblé plusieurs candidats de La France insoumise (LFI) lors des élections municipales de mars aurait été orchestrée depuis Israël, a indiqué jeudi une source informée du dossier. Les quotidiens français « Libération » et israélien « Haaretz » évoquent le rôle de deux entreprises basées dans ce pays.
Une opération dévoilée en mars
Cette opération, dévoilée le 10 mars, mettait en œuvre plusieurs sites et comptes présentant des « caractéristiques d’inauthenticité », notamment des « photos générées par intelligence artificielle et des dates de création communes », avait annoncé Viginum, le service chargé de lutter contre ces manipulations en ligne. Selon Viginum, l'opération n'avait eu qu’une « faible visibilité » sur les réseaux.
L'entreprise BlackCore soupçonnée
« Les services de renseignement de notre pays soupçonnent l’entreprise israélienne BlackCore d’ingérences contre nous pendant la campagne municipale. Trois candidats LFI ont été visés : Sébastien Delogu, François Piquemal et David Guiraud », candidats à Marseille, Toulouse et Roubaix, selon le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. « Résultat : des milliers de messages diffusés pour mentir, les traîner dans la boue. Nous demandons au gouvernement une loi permettant de combattre les ingérences étrangères », a-t-il affirmé sur X.
Son parti de gauche radicale est très critique à l’égard de la politique du gouvernement israélien à l’encontre des Palestiniens et dans la bande de Gaza. Les services français ont en effet mis en lumière le rôle d’une entité liée à des intérêts israéliens nommée « BlackCore », mais qui n’est que « la porte d’entrée d’une entreprise beaucoup plus complexe », a indiqué une source informée du dossier. Selon cette source, la campagne de manipulation provient bien d’Israël mais le caractère étatique ou non de cette ingérence n’est pas établi.
« Guerre de l’information »
Selon « Libération » et « Haaretz », BlackCore, dont le site internet est désormais hors ligne, se prévaut de 15 ans d’expérience mais son nom de domaine n’a été enregistré qu’en août 2025. L’entité, qui ne figure pas dans le registre israélien des entreprises, se présente comme une « entreprise d’élite spécialisée dans l’influence, le cyber et les technologies, conçue pour l’ère moderne de la guerre de l’information », selon « Libération ». Dans une longue enquête, « Libération » explique avoir étudié avec « Haaretz » les sous-domaines internet liés à BlackCore. Ceux-ci renvoient vers deux entreprises israéliennes, Galacticos Ltd. et SNI Digital, qui ont toutes les deux pour directeur le même homme, Doron Afik. « Galacticos n’a aucune affiliation, aucun partenariat ni aucune connaissance d’une entité nommée BlackCore », a réagi Doron Afik, interrogé par « Libération » et « Haaretz ».



