Un historien britannique exclut la France des grandes puissances
Historien britannique exclut la France des grandes puissances

Dans un entretien exclusif accordé à L'Express il y a une semaine, Brendan Simms, éminent historien britannique et professeur à l'université de Cambridge, a développé la thèse de son nouveau livre, The Return of the Great Powers. Selon lui, les grandes puissances sont de retour, mais la France et l'Allemagne n'en font pas partie, contrairement aux États-Unis, à la Chine, à la Russie et au Royaume-Uni.

Une thèse qui suscite des réactions

Cette affirmation a provoqué de nombreuses réactions dans les milieux diplomatiques et académiques. Simms justifie son analyse par des critères de puissance militaire, économique et d'influence globale. Il estime que la France et l'Allemagne, bien que puissantes au sein de l'Union européenne, ne disposent pas de la capacité de projection et de l'autonomie stratégique nécessaires pour être considérées comme des grandes puissances au niveau mondial.

Selon l'historien, le Royaume-Uni conserve son statut grâce à son soft power, sa diplomatie et ses alliances, notamment avec les États-Unis. La Chine et la Russie sont quant à elles des puissances montantes ou restaurées, tandis que les États-Unis restent la première puissance mondiale.

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Un débat sur la définition des grandes puissances

Cette classification a relancé le débat sur ce qui définit une grande puissance au XXIe siècle. Pour Simms, il ne s'agit pas seulement de taille économique ou démographique, mais aussi de capacité à influencer les affaires mondiales de manière autonome. La France, malgré son siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et sa dissuasion nucléaire, serait trop intégrée dans des structures multilatérales pour agir seule. L'Allemagne, bien que première économie européenne, manquerait de projection militaire et de volonté politique.

Les critiques de cette thèse soulignent que la France et l'Allemagne jouent un rôle central dans l'UE et dans la diplomatie internationale, et que leur influence ne se mesure pas uniquement en termes de puissance brute. D'autres estiment que la notion de grande puissance est dépassée dans un monde multipolaire où les alliances et les réseaux comptent davantage.

Un livre qui interroge l'ordre mondial

Le livre de Simms, The Return of the Great Powers, examine les dynamiques historiques et contemporaines qui façonnent la rivalité entre les grandes puissances. Il avertit que le retour de ces puissances pourrait conduire à une instabilité accrue si les mécanismes de coopération internationale ne sont pas renforcés. L'historien appelle à une réflexion sur le rôle de l'Europe dans ce nouveau contexte.

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