Le Hamas a annoncé ce lundi 6 juillet 2026 avoir dissous ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, après près de vingt ans de pouvoir. Cette décision ouvre la voie à l'installation d'un comité technocratique, le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), mis en place par le « Conseil de paix » créé par Donald Trump. Selon Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas, Mohammed al-Farra, président du comité d'urgence, a présenté sa démission et le comité a été dissous pour « faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le NCAG ».
Un signal symbolique pour satisfaire Washington
Avant tout « symbolique », ce geste du Hamas vise à répondre aux demandes du président américain Donald Trump afin de mettre fin aux violentes attaques israéliennes subies par les Gazaouis depuis l'attaque du 7 octobre 2023. Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a déclaré à l'AFP : « Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l'occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination. »
Le NCAG, basé au Caire, a été créé lors des négociations ayant abouti au cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en octobre 2025. Son président, Ali Shaath, a affirmé sur X que le comité est « pleinement prêt à assumer ses responsabilités nationales dès que les ressources et les capacités nécessaires seront disponibles ».
Un tournant politique pour le Hamas
Le Hamas a pris le pouvoir à Gaza en 2007 après des affrontements avec le Fatah, le parti du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Cette dissolution marque un tournant, mais le principal obstacle reste le désarmement du Hamas. Une source diplomatique ayant participé aux discussions au Caire a expliqué à l'AFP : « Du point de vue du Hamas, cette annonce permet de cocher plusieurs cases. Elle montre que le mouvement fait avancer le processus tout en mettant l'accent sur ce qu'il présente comme le non-respect par Israël de ses engagements. »
Le cessez-le-feu au point mort
La première phase du cessez-le-feu a permis la libération des derniers otages israéliens en échange de prisonniers palestiniens. Cependant, la deuxième phase, qui devait inclure le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes, est bloquée depuis plusieurs mois. Les forces israéliennes ont renforcé leur présence à Gaza, et la gouvernance post-conflit reste un point de friction. Israël exclut tout retour du Hamas au pouvoir, mais rejette également une administration directe par l'Autorité palestinienne.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, au moins 1 072 Palestiniens ont été tués depuis l'entrée en vigueur de la trêve. L'armée israélienne déclare avoir perdu cinq soldats et un contractuel sur la même période. Les deux camps s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.
Le désarmement, principal point de blocage
Mkhaimar Abusada, politologue gazaoui, a déclaré à l'AFP : « Le problème n'est pas la dissolution de son comité gouvernemental, mais l'acceptation de son désarmement. (...) C'est toujours le principal point de blocage. » Le Hamas affirme qu'il ne désarmera que dans le cadre d'une initiative politique palestinienne, ce qu'Israël rejette. Le « Conseil de paix » de Donald Trump a souligné dans un communiqué : « Le principe fondamental est le suivant : une seule autorité, une seule loi et une seule arme. Cela implique le regroupement de toutes les armes sous le contrôle du NCAG. »
Depuis l'attaque du 7 octobre 2023, le Hamas s'était déclaré prêt à céder le pouvoir à Gaza, mais aucun progrès concret n'a été réalisé sur le terrain. Cette dissolution reste donc un geste avant tout politique, sans impact immédiat sur la situation sécuritaire.



