Guerre en Ukraine : la prison, nouvel exutoire pour les soldats russes
Face à l'impossibilité de quitter légalement l'armée, de nombreux soldats russes optent pour l'incarcération afin d'éviter le front en Ukraine. Un décret de Vladimir Poutine daté de 2022 ne laisse que trois portes de sortie : l'âge de 65 ans, des problèmes de santé graves ou une condamnation à de la prison ferme. Cette situation pousse des hommes comme Anton Putyatov, sous-lieutenant de 37 ans et ancien professeur d'anglais, à préférer la cellule au champ de bataille.
Le choix de la détention
Anton Putyatov a déserté en juillet 2024 pour assister à l'accouchement de sa femme. Renvoyé au front puis blessé, il a sollicité un enquêteur militaire pour signifier son refus de participer aux opérations. Malgré ses demandes, il a été réaffecté au même régiment. Il déclare : "Je suis prêt à purger une peine de prison, conformément à la loi en vigueur. Si je suis condamné à cinq à dix ans, je purgerai ma peine. Si je bénéficie d’une libération conditionnelle, je ferai tout mon possible pour éviter l’humiliation et saisir cette occasion de retrouver ma femme et mon enfant."
Des camps temporaires pour les "récalcitrants"
Selon le média indépendant MediaZona, des camps temporaires existent à travers la Russie pour ces soldats maintenus en détention sans statut légal clair. Des avocats rapportent que même l'ouverture d'une procédure pénale ne garantit pas un procès. Vladimir Bernhardt, fondateur de l'Association des avocats militaires, explique : "Il n’y a pas assez d’hommes pour les assauts, alors on y envoie tout le monde."
Cette stratégie désespérée reflète l'ampleur des pertes russes et la pression croissante sur les troupes. Alors que le conflit s'enlise, le nombre de soldats cherchant à fuir le front par la prison ne cesse d'augmenter, illustrant un phénomène inquiétant au sein de l'armée russe.



