Guerre au Moyen-Orient : Washington libère 140 millions de barils iraniens, Israël frappe toujours le Liban
Les États-Unis ont accordé vendredi une dérogation de 30 jours aux sanctions sur le pétrole iranien afin de stabiliser l’approvisionnement énergétique mondial, alors que le conflit en Iran entre dans son 22e jour. Cette mesure exceptionnelle libère 140 millions de barils de brut iranien, actuellement bloqués en mer, dans le but explicite de freiner la hausse des prix de l’énergie sur les marchés internationaux.
Une dérogation pour alléger les pressions sur le marché
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a officiellement annoncé cette décision, précisant qu’il s’agissait de la troisième dérogation temporaire accordée par Washington en près de deux semaines concernant les sanctions pétrolières. La dérogation sera en vigueur jusqu’au 19 avril, comme l’indique le document publié sur le site du département du Trésor.
Dans un communiqué publié sur le réseau social X, Scott Bessent a déclaré : « En substance, nous utiliserons les barils iraniens contre Téhéran pour maintenir les prix bas alors que nous poursuivons l’opération Epic Fury. » Cette manœuvre devrait notamment bénéficier à la Chine, principal importateur de pétrole. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a estimé que le pétrole brut pourrait atteindre l’Asie d’ici trois ou quatre jours.
Washington envisage de réduire son engagement militaire
Parallèlement, l’ancien président Donald Trump a affirmé vendredi que les États-Unis étaient sur le point d’atteindre leurs objectifs dans la guerre en Iran et envisageaient de réduire leur engagement militaire au Moyen-Orient. Cependant, cette déclaration contraste avec des informations rapportées par Reuters.
Trois responsables américains ont en effet indiqué que l’armée américaine prévoyait de déployer un groupe d’assaut amphibie avec des milliers de Marines dans la région, suggérant une posture militaire toujours active.
Israël intensifie ses frappes au Liban
De son côté, l’armée israélienne a annoncé dans la nuit avoir mené des frappes aériennes contre des cibles du Hezbollah à Beyrouth, la capitale du Liban. Ces attaques s’inscrivent dans l’escalade régionale et illustrent la complexité du conflit qui dépasse les frontières de l’Iran.
Le Japon négocie un droit de passage stratégique
Sur le plan diplomatique et logistique, le Japon a négocié avec l’Iran un droit de passage pour ses navires par le détroit d’Ormuz. Ce point de passage crucial voit transiter environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Selon l’agence de presse japonaise Kyodo, citant le ministre iranien des Affaires étrangères, cet accord est vital pour le Japon, qui dépend du Moyen-Orient pour près de 95 % de son approvisionnement en pétrole, dont environ 90 % transite par ce détroit.
Cette série de développements souligne les tensions persistantes et les calculs économiques et stratégiques des acteurs internationaux, alors que la guerre en Iran continue de bouleverser la stabilité régionale et les marchés énergétiques globaux.



