La guerre des douze jours de 2025 s'éloigne, l'attrition s'installe
La « guerre des douze jours » de 2025 appartient désormais au passé lointain. Plus de deux semaines après le lancement des opérations Fureur épique et Lion rugissant contre la République islamique d'Iran, les États-Unis et Israël poursuivent méthodiquement leur campagne de bombardements intensifs des installations militaires iraniennes. Ce conflit prolongé entre dans une phase d'attrition où chaque camp teste la résilience de l'autre.
Éliminations ciblées et bilan humain alarmant
Ce mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé « l'élimination » d'Ali Larijani, le chef du Conseil suprême de la sécurité nationale et l'un des plus hauts dirigeants iraniens encore en vie. La mort du général Gholamreza Soleimani, qui commandait la milice pro-régime du Basidj, a également été confirmée. Selon l'ONG de défense des droits de l'homme Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, plus de 1 825 personnes ont été tuées depuis le début du conflit.
Avancées militaires et objectifs déclarés
« Nous sommes en avance sur notre calendrier de frappes contre les capacités iraniennes de missiles balistiques », confie Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France. « Nous atteindrons bientôt nos buts de guerre, mais il reste encore à l'Iran des stocks de missiles de longue portée et environ un quart de lanceurs. »
Selon le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, plus de 15 000 cibles ennemies auraient été frappées par l'action combinée des armées de l'air américaine et israélienne, soit plus de 1 000 cibles par jour. Le volume des tirs iraniens de missiles et de drones serait en diminution significative.
La résistance asymétrique de l'Iran
Pourtant, loin de capituler, l'Iran refuse toujours de négocier avec les États-Unis et poursuit sans relâche ses frappes de missiles et de drones contre Israël et les pays arabes du golfe Persique. Ces attaques ont déjà fait 14 morts israéliens et 27 victimes dans la péninsule Arabique.
« Malgré une capacité balistique et de défense antiaérienne amoindrie, l'Iran reste capable de faire pleuvoir un feu nourri de missiles et de drones », note une source diplomatique occidentale sous couvert de l'anonymat.
Stratégie de dissuasion et guerre économique
Dans l'incapacité de rivaliser militairement, l'Iran adopte une stratégie asymétrique visant à infliger un coût élevé aux alliés des États-Unis dans la région. « Nous disposons d'une capacité de dissuasion très élevée », souligne Hossein Kanani Moghaddam, ancien haut commandant des Gardiens de la révolution. « Lorsque nous lançons un drone à 20 000 dollars vers un navire américain, il n'a d'autre choix que de tirer trois missiles Thaad, chacun coûtant deux millions de dollars. »
Objectifs divergents et incertitudes politiques
La confiance de façade affichée à Téhéran répond au flou des objectifs de Donald Trump. Depuis le début du conflit, le président américain peine à définir un but clair à sa campagne militaire. « À ce stade, la principale interrogation porte sur le positionnement des États-Unis où cette guerre n'est pas populaire », souligne la source diplomatique occidentale.
En Israël, l'objectif d'un changement de régime semble être bien plus assumé. « Nous entrons aujourd'hui dans la seconde phase du conflit visant à affaiblir le régime », confie Joshua Zarka.
Stabilité apparente et succession contestée
Pour l'heure, les Iraniens restent terrés chez eux, pris au piège entre les bombardements et les menaces du régime. « On ne constate ni reprise de la contestation populaire de janvier 2026, ni fissure interne au régime », relève la source diplomatique occidentale.
La désignation comme nouveau guide suprême de Mojtaba Khamenei, fils de l'ayatollah Khamenei, constitue un signe de renforcement des plus durs au sein du régime. Selon des indiscrétions du New York Times, ce choix aurait été poussé par plusieurs hauts responsables des pasdarans.
Enjeux institutionnels et continuité du pouvoir
« Le système institutionnel iranien est fondé sur l'équilibre des pouvoirs et l'existence de contre-pouvoirs internes », analyse l'historien militaire Pierre Razoux. « Ce qui est en jeu aujourd'hui en Iran, c'est le maintien du velayat-e faqih et la place du clergé dans le processus décisionnel. »
Alors que le conflit entre dans sa troisième semaine, les questions sur sa finalité et ses conséquences régionales restent entières, avec une économie mondiale déjà affectée par l'explosion du prix des hydrocarbures.



