Guerre en Ukraine : le contrat social entre Poutine et les Russes s'effrite
Guerre en Ukraine : le contrat social Poutine-population s'effrite

La guerre en Ukraine est en train de saper le contrat social tacite entre Vladimir Poutine et la population russe, selon une étude du Centre d'analyse des politiques européennes (CAPE) publiée ce lundi. Ce contrat reposait sur un échange : stabilité et prospérité économique en échange de loyauté politique. Aujourd'hui, les sanctions occidentales et le coût du conflit érodent cette promesse.

Une confiance en baisse

L'étude, basée sur des entretiens et des données économiques, révèle que la confiance des Russes envers les institutions a chuté de 15 points depuis le début de l'invasion en février 2022. Selon Vladimir Milov, ancien vice-ministre de l'Énergie et co-auteur du rapport, « la population commence à ressentir les conséquences économiques, avec une inflation qui a atteint 12 % en juin 2026 ». Les secteurs les plus touchés sont l'industrie automobile et l'électronique, où les pénuries de pièces détachées se multiplient.

Des signes de mécontentement

Le mécontentement se manifeste de manière discrète mais croissante. Les enquêtes d'opinion indépendantes, bien que rares, montrent que 38 % des Russes estiment que la guerre dure trop longtemps, contre 22 % en 2023. Dans les villes de province, des rassemblements contre la mobilisation partielle ont eu lieu, réprimés par les forces de l'ordre. « Le contrat social est brisé silencieusement, explique l'analyste politique Maria Lipman. Les gens ne manifestent pas ouvertement, mais ils expriment leur lassitude par des comportements d'évitement, comme le retrait des réseaux sociaux ou la diminution de la consommation. »

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L'impact économique au cœur des préoccupations

L'économie russe, bien que soutenue par les exportations d'énergie, montre des signes de fragilité. Le PIB a reculé de 2,5 % en 2025, et le taux de pauvreté a augmenté de 3 points, touchant désormais 16 % de la population. Les sanctions ont également limité l'accès aux technologies, réduisant la productivité. Selon un économiste du CAPE, « le gouvernement a dû puiser dans le Fonds de bien-être national pour financer le déficit, mais les réserves s'amenuisent ». Les dépenses militaires, qui représentent 8 % du PIB, réduisent les budgets alloués à la santé et à l'éducation.

Poutine face à un dilemme

Pour Vladimir Poutine, le maintien du soutien populaire est crucial. Le Kremlin tente de contrebalancer les difficultés par une propagande intense et des mesures sociales ciblées, comme l'indexation des retraites. Cependant, ces efforts pourraient ne pas suffire. « Le régime est confronté à un dilemme : poursuivre la guerre au risque d'une crise sociale, ou chercher une issue qui pourrait être perçue comme une défaite », analyse Lipman. L'étude conclut que l'érosion du contrat social pourrait à long terme menacer la stabilité politique, même si aucun signe de contestation massive n'est encore visible.

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