Guerre au Moyen-Orient : des pays sacrifient l'environnement pour contenir les prix de l'énergie
Guerre au Moyen-Orient : des pays sacrifient l'environnement

Guerre au Moyen-Orient : des pays sacrifient l'environnement pour contenir les prix de l'énergie

La guerre au Moyen-Orient a un coût environnemental direct considérable, mais elle génère aussi des conséquences indirectes alarmantes. Près d'un mois après les frappes américaines et israéliennes, les tensions persistent, notamment sur le front énergétique. La fermeture rapide du détroit d'Ormouz par l'Iran, suite au déclenchement du conflit, a provoqué une flambée des prix du pétrole et de l'électricité. Pour tenter de contenir ces coûts, plusieurs pays ont pris des mesures qui compromettent la protection de l'environnement, allégeant normes et taxes écologiques.

Australie : assouplissement des normes sur les carburants

L'Australie a annoncé jeudi 26 mars l'abaissement temporaire des normes de qualité des carburants. Cette décision permettra l'injection d'environ 200 millions de litres supplémentaires sur le marché intérieur au cours des deux prochains mois. Concrètement, le pays autorise des niveaux de soufre plus élevés pour les 60 prochains jours, comme l'a indiqué le ministre de l'Énergie, Chris Bowen. Habituellement, les teneurs en soufre sont strictement réglementées pour limiter la pollution atmosphérique. Selon Chris Bowen, cette mesure ajoutera environ 100 millions de litres par mois à l'approvisionnement australien en essence, qui auraient autrement été exportés.

Le Trésorier Jim Chalmers a souligné que le pays dispose de suffisamment de carburant, mais que des problèmes d'approvisionnement subsistent, particulièrement dans les zones rurales. Cette approche vise à stabiliser les prix tout en répondant aux besoins locaux, mais elle risque d'aggraver les émissions polluantes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Vietnam : suppression de la taxe environnementale

Au Vietnam, les autorités ont opté pour la suppression d'une taxe environnementale afin de réduire le prix de l'essence. Cette stratégie a porté ses fruits économiquement, avec une baisse de 26,17 % du coût de l'essence sans plomb et de 15,42 % pour le gazole. Le gouvernement a précisé dans un communiqué que du 26 mars 2026 à minuit jusqu'au 15 avril 2026 inclus, le taux de la taxe pour la protection de l'environnement sur l'essence, le diesel et le carburant aérien sera de 0 dong par litre. Cette mesure temporaire souligne la priorité accordée à la stabilité économique face aux pressions énergétiques.

Asie : retour en force des centrales à charbon

Dans d'autres pays d'Asie, les centrales à charbon connaissent un regain d'activité pour pallier les risques de pénurie énergétique. Le Japon a ainsi annoncé l'assouplissement temporaire de ses restrictions sur ces installations. Le gouvernement a présenté ce projet à un panel d'experts, qui l'a approuvé, comme l'a indiqué le ministère de l'Industrie. Un responsable a expliqué lors d'une réunion en ligne : Compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient qui affecte les prix des combustibles, nous pensons que l'incertitude concernant les futurs achats de GNL augmente. Il a ajouté qu'il serait nécessaire d'augmenter l'exploitation des centrales à charbon pour garantir un approvisionnement stable.

Jusqu'ici, les fournisseurs d'électricité étaient incités à maintenir le taux de fonctionnement des centrales thermiques au charbon à 50 % ou moins, en raison de leurs fortes émissions de dioxyde de carbone. Désormais, l'exécutif prévoit d'autoriser l'exploitation à pleine capacité de centrales plus anciennes et moins efficaces. Le Japon produit environ 70 % de son électricité grâce à des centrales thermiques, dont 30 % au charbon, 30 % au gaz naturel liquéfié, et un peu moins de 10 % au pétrole.

La Corée du Sud suit un schéma similaire, prévoyant de lever le plafond sur la capacité de production de ses centrales à charbon tout en augmentant le fonctionnement de ses centrales nucléaires. Aux Philippines, la ministre de l'Énergie Sharon Garin a également indiqué vouloir augmenter la production des centrales à charbon pour maintenir des prix de l'électricité abordables. Elle a déclaré avoir discuté avec les entreprises de production d'électricité pour évaluer dans quelle mesure elles peuvent augmenter leur production, précisant que cette mesure temporaire pourrait entrer en vigueur dès le 1er avril.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Ces actions illustrent comment la crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient pousse de nombreux pays à sacrifier temporairement leurs engagements environnementaux. Alors que la guerre continue de faire rage, la balance entre stabilité économique et protection de la planète reste précaire, avec des conséquences potentielles à long terme sur le climat et la santé publique.