Guerre au Moyen-Orient : bilan humain alarmant après 18 jours de conflit
Guerre au Moyen-Orient : bilan humain alarmant après 18 jours

Un conflit régional aux conséquences humaines dramatiques

Dix-huit jours seulement après le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, le bilan humain de cette guerre régionale s'alourdit de manière significative. Les combats se sont étendus à plusieurs pays du Moyen-Orient, causant des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, mais également dans des États du Golfe pourtant non participants au conflit direct. En raison des restrictions médiatiques imposées dans la zone, l'Agence France-Presse n'a pas pu vérifier de façon indépendante l'ensemble des chiffres présentés, qui reposent sur les déclarations officielles des gouvernements, des armées, des autorités sanitaires et des organisations humanitaires locales.

Iran : des pertes civiles particulièrement élevées

Le ministère iranien de la Santé a annoncé le 8 mars un bilan officiel de plus de 1 200 personnes tuées, incluant environ 200 femmes et 200 enfants de moins de 12 ans, avec plus de 10 000 civils blessés. De son côté, l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a recensé le 11 mars un nombre plus élevé de victimes, avec plus de 1 825 morts dont près de 1 300 civils, parmi lesquels au moins 200 enfants. Ces chiffres témoignent de l'impact disproportionné du conflit sur les populations non combattantes.

Israël et Liban : un face-à-face meurtrier

En Israël, les services de secours et les autorités ont fait état de 14 morts au total depuis le début des hostilités. Selon un bilan compilé par l'AFP, 12 personnes ont été tuées, dont quatre mineurs, et des dizaines blessées suite aux tirs de missiles iraniens en représailles aux frappes initiales. L'armée israélienne a également annoncé la mort de deux soldats lors de combats dans le sud du Liban.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Au Liban, le ministère de la Santé rapporte un bilan particulièrement lourd avec 886 personnes tuées depuis le début des affrontements entre Israël et le Hezbollah le 2 mars. Parmi les victimes figurent 111 enfants et 38 membres du personnel soignant, avec 2 141 blessés supplémentaires. Plus d'un million de personnes sont officiellement enregistrées comme déplacées. L'armée libanaise a confirmé la mort de trois de ses soldats, tandis que le Hezbollah n'a pas communiqué d'informations concernant ses propres pertes.

Les pays du Golfe : des victimes collatérales

Les autorités des États du Golfe et le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) ont signalé 27 morts dans la région depuis le début des attaques iraniennes, dont 14 civils. Les autres victimes sont des militaires ou des membres des forces de sécurité, incluant sept Américains.

La répartition par pays montre l'étendue géographique des impacts :

  • Au Koweït : six morts (deux soldats, deux gardes-frontières, deux civils dont une fillette de 11 ans)
  • Émirats arabes unis : huit morts (six civils, deux militaires dans un crash d'hélicoptère)
  • Arabie saoudite : deux civils tués
  • Bahreïn : deux morts selon le ministère de l'Intérieur
  • Oman : un marin et deux travailleurs étrangers tués
  • Qatar : 16 blessés sans décès signalés

Le Centcom a par ailleurs confirmé la mort de six militaires américains au Koweït et d'un autre en Arabie saoudite.

Irak : un terrain d'affrontements par procuration

En Irak, au moins 57 personnes ont été tuées depuis le début du conflit selon un comptage de l'AFP basé sur les déclarations des groupes armés et des responsables officiels. Le président français Emmanuel Macron a annoncé la mort d'un soldat français dans une attaque de drone près d'Erbil, première perte militaire française dans ce conflit. L'armée américaine a également recensé six morts dans le crash d'un avion ravitailleur en Irak, précisant que la perte n'était pas due à des tirs ennemis.

Les groupes pro-iraniens en Irak ont déploré la mort de 39 de leurs membres dans des frappes attribuées à Israël et aux États-Unis. Les organisations rebelles kurdes ont annoncé la mort d'au moins cinq militants kurdes iraniens dans des attaques attribuées à l'Iran. Des sources kurdes ont également signalé la mort d'un agent de sécurité de l'aéroport d'Erbil lors d'une attaque de drone.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Un civil a été tué par des éclats de roquette suite à une frappe au sud-est de Bagdad, et quatre personnes ont péri dans une frappe aérienne contre une maison abritant des conseillers iraniens dans la capitale irakienne.

Jordanie, Syrie et pertes américaines

En Jordanie, l'armée a signalé 29 blessés par la chute de débris de missiles et de drones iraniens, sans faire état de décès. La Syrie a connu une situation similaire avec huit blessés selon les médias d'État, suite à des chutes de débris lors d'échanges de tirs entre l'Iran et Israël le 9 mars.

L'armée américaine a recensé environ 200 militaires blessés dans sept pays différents depuis le début des opérations, dont dix blessés sérieusement. Un porte-parole a précisé que la grande majorité des blessures étaient légères et que plus de 180 militaires avaient déjà repris leur mission. Treize militaires américains ont été tués depuis le début du conflit.

Ce bilan, bien que partiel en raison des difficultés de vérification sur le terrain, illustre l'ampleur humaine d'un conflit qui dépasse les frontières des belligérants initiaux et affecte profondément l'ensemble de la région du Moyen-Orient.