Gaza : pénuries et évacuations entravées mettent les malades en danger
Gaza : pénuries et évacuations entravées menacent les malades

À Gaza, la pénurie de matériel médical et les difficultés d'évacuation des patients mettent en danger la vie des malades. Un médecin exerçant dans l'enclave palestinienne a confié au Monde : « Nous sommes contraints d'utiliser le même cathéter 20 ou 30 fois. » Cette situation dramatique, rapportée dans un article publié le 23 août 2026, illustre l'effondrement du système de santé local sous l'effet du blocus et des opérations militaires.

Des cathéters réutilisés jusqu'à 30 fois faute de matériel

Le témoignage de ce praticien, dont l'identité n'est pas précisée, met en lumière la détresse des équipes médicales. Faute de fournitures suffisantes, les cathéters, normalement à usage unique, sont systématiquement réutilisés. Cette pratique, imposée par la pénurie, accroît considérablement les risques d'infection et de complications pour les patients, déjà affaiblis par les blessures de guerre ou les maladies chroniques.

Le médecin souligne également que les évacuations médicales, censées permettre aux cas les plus graves d'être transférés vers des hôpitaux mieux équipés, sont régulièrement entravées. Les autorités israéliennes, qui contrôlent les points de passage, n'autorisent qu'un nombre très limité de sorties, et les délais d'attente peuvent être fatals pour les blessés les plus critiques.

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Un système de santé au bord de l'effondrement

Selon l'article du Monde, la situation à Gaza est telle que les hôpitaux manquent non seulement de cathéters, mais aussi de médicaments, d'anesthésiques et de carburant pour les générateurs de secours. Les coupures d'électricité, fréquentes depuis le début du conflit, obligent les services de réanimation à fonctionner en mode dégradé, faute de pouvoir alimenter les respirateurs et les moniteurs.

Les personnels soignants, épuisés et parfois eux-mêmes déplacés, doivent faire face à un afflux constant de blessés. Les capacités d'accueil sont largement dépassées, et de nombreux patients sont contraints de partager des lits ou d'être soignés dans des couloirs. Le manque de personnel qualifié, certains ayant fui ou étant bloqués à l'étranger, aggrave encore la situation.

Des conséquences directes sur la survie des patients

Les conséquences de ces pénuries sont directes : les infections nosocomiales se multiplient, les amputations deviennent plus fréquentes faute de traitement adapté, et la mortalité post-opératoire augmente. Le médecin interrogé par Le Monde évoque des décès qui auraient pu être évités si les évacuations avaient été autorisées à temps. Il cite notamment le cas de patients brûlés ou souffrant de traumatismes crâniens, pour lesquels chaque jour de retard réduit les chances de survie.

Face à cette catastrophe humanitaire, les organisations internationales, dont l'Organisation mondiale de la santé, multiplient les appels à un cessez-le-feu et à l'ouverture de corridors humanitaires. Mais jusqu'à présent, les négociations n'ont pas abouti, et les hôpitaux de Gaza continuent de fonctionner dans des conditions extrêmes, avec des moyens de fortune.

Le témoignage de ce médecin, recueilli par Le Monde, constitue un cri d'alarme rare, tant les communications avec Gaza sont difficiles. Il révèle une réalité que les images satellites et les rapports officiels peinent à décrire : celle d'un système de santé qui s'effondre, condamnant des milliers de patients à une mort lente, faute de soins élémentaires.

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