Anthony Fauci, l'ancien conseiller médical de la Maison-Blanche, est devenu l'ennemi juré des partisans de Donald Trump. Alors qu'il était célébré comme un héros au début de la pandémie de Covid-19, il est aujourd'hui la cible de critiques virulentes de la droite américaine. Il a témoigné lundi devant une commission de la Chambre des représentants, où il a défendu son bilan face aux accusations de mauvaise gestion.
Un héros tombé en disgrâce
Au début de la pandémie, Anthony Fauci était la figure de confiance des Américains. Selon un sondage de l'époque, 78 % des Américains avaient une opinion favorable de lui. Mais cette popularité s'est effondrée à mesure que la crise s'éternisait et que les mesures sanitaires devenaient plus restrictives. Aujourd'hui, une majorité de républicains le considèrent comme un bouc émissaire, l'accusant d'avoir menti sur l'origine du virus et d'avoir soutenu des mesures liberticides.
Lors de son audition, Fauci a fermement rejeté ces accusations. "Je n'ai jamais menti devant le Congrès", a-t-il déclaré, ajoutant que les attaques à son encontre étaient "politiquement motivées". Il a également rappelé que ses recommandations, comme le port du masque et la distanciation sociale, ont sauvé des centaines de milliers de vies.
Les républicains à l'assaut
Les élus républicains, notamment ceux proches de Donald Trump, ont saisi cette occasion pour attaquer le docteur Fauci. Ils l'ont interrogé sur ses emails, sur ses liens avec des laboratoires chinois et sur son rôle dans la fermeture des écoles. Certains ont même demandé son arrestation, l'accusant de "crimes contre l'humanité".
De son côté, Fauci a répondu avec calme, expliquant que la science évolue et que les décisions étaient prises en fonction des connaissances disponibles. Il a souligné que le président Trump lui-même avait suivi ses conseils au début de la pandémie, avant de changer d'approche.
Un impact sur la santé publique
Cette chute de popularité a des conséquences concrètes. Selon une étude récente, la méfiance envers les experts médicaux a augmenté de 30 % chez les républicains depuis 2020. Cela se traduit par une baisse de la vaccination et une méfiance envers les autorités sanitaires, ce qui complique la gestion des épidémies.
Fauci, qui a dirigé l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses pendant 38 ans, a annoncé son départ en 2022. Mais il reste une figure clivante, symbole des divisions profondes de la société américaine face à la science et à la politique.
Pour ses partisans, il reste un héros qui a consacré sa vie à la santé publique. Pour ses détracteurs, il incarne le "deep state" et l'ingérence des experts dans la vie des citoyens. Une chose est sûre : son nom restera associé à la pandémie de Covid-19 et aux tensions qu'elle a révélées.



