Un tribunal polonais valide l'extradition de l'archéologue russe Alexandre Boutiaguine vers l'Ukraine
Extradition d'un archéologue russe validée par la Pologne

Un tribunal polonais valide l'extradition de l'archéologue russe Alexandre Boutiaguine vers l'Ukraine

Un tribunal polonais a donné son feu vert mercredi à l'extradition d'Alexandre Boutiaguine, archéologue russe de renom, vers l'Ukraine où il est accusé d'avoir mené des fouilles illégales en Crimée annexée. Cette décision a été immédiatement qualifiée de « sans fondement juridique » par les autorités russes.

Une procédure d'extradition validée en première instance

Le tribunal de Varsovie a reconnu « la pleine recevabilité de l'extradition de M. Alexandre Boutiaguine, demandée par la partie ukrainienne », a déclaré son avocat Adam Domanski à la presse. L'avocat a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision.

« La procédure veut que seulement après l'arrêt de la cour d'appel, si celle-ci confirme la sentence annoncée aujourd'hui, les dossiers soient transmis au ministre de la Justice pour décision finale sur l'extradition », a-t-il précisé.

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Des accusations graves en Ukraine

Alexandre Boutiaguine, qui dirige l'une des sections d'archéologie antique du musée russe de l'Ermitage, a été interpellé en décembre dernier par l'Agence polonaise de sécurité intérieure (ABW) à la demande de Kiev alors qu'il donnait une série de conférences en Europe.

En Ukraine, l'archéologue risque jusqu'à dix ans de prison pour « destruction de sites du patrimoine culturel » dans la péninsule de Kertch en Crimée. Les autorités ukrainiennes l'accusent d'avoir causé des dommages estimés à 200 millions de hryvnias, soit plus de 4 millions d'euros.

Réactions diplomatiques immédiates

Moscou a vivement contesté la décision du tribunal polonais. « Il s'agit d'un procès politique qui n'a absolument aucun fondement juridique », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

La diplomate russe a souligné que la décision était « provisoire » et a ajouté : « Il y a une semaine pour la contester. Nous chercherons à obtenir le retour rapide d'Alexandre Boutiaguine dans son pays natal ».

Du côté ukrainien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Gueorguiï Tykhy, s'est félicité de la décision : « Nous considérons positivement cette décision du tribunal polonais, en comprenant qu'il y aura encore d'autres étapes procédurales ».

Contexte historique et archéologique sensible

La péninsule ukrainienne de Crimée a été annexée en mars 2014 par la Russie après une intervention de ses forces spéciales et un référendum de rattachement que Kiev et les Occidentaux ont dénoncé comme illégal.

La Crimée recèle de nombreux trésors archéologiques, ayant été colonisée au fil des siècles par :

  • Les Grecs
  • Les Scythes
  • Les Byzantins
  • Les Vénitiens
  • Les Mongols
  • Les Ottomans
  • Les Russes

Alexandre Boutiaguine, connu pour ses travaux de vulgarisation de l'histoire et des sciences, dirige depuis 1999 les travaux de l'expédition archéologique de Myrmekion, qui étudie les ruines de cette cité grecque antique située en Crimée.

Selon Moscou, les autorisations nécessaires pour ces fouilles avaient été obtenues auprès des autorités compétentes, y compris auprès des autorités ukrainiennes avant 2014. Les trouvailles archéologiques sont conservées au musée de Kertch, en Crimée.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre la Russie et l'Ukraine autour du statut de la Crimée et de son riche patrimoine archéologique, dans un contexte géopolitique toujours tendu.

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