Un drone emblématique remis en question
L'armée américaine prépare le remplacement de son drone MQ-9 Reaper après une vingtaine de pertes au Moyen-Orient, représentant près d'un milliard de dollars de dégâts. Le général de division Christopher J. Niemi, directeur par intérim d'Air Force Futures, a approuvé le cahier des charges d'un nouvel appareil destiné à succéder au modèle de General Atomics Aeronautical Systems (GA-ASI).
Un large champ de missions
Le drone MQ-9 Reaper a longtemps incarné la puissance militaire américaine. Utilisé en Afghanistan ou en Irak, ce drone MALE (moyenne altitude longue endurance) est équipé de capteurs embarqués et d'un radar à synthèse. Principalement utilisé pour la collecte d'informations et les frappes contre des cibles mobiles, le Reaper est un outil stratégique. Grâce à sa longue autonomie, ses capteurs avancés, sa communication multimode et son armement, il est utilisé dans la reconnaissance, la coordination et l'attaque de cibles. Il assure également un large éventail de tâches comme l'appui aérien rapproché, la recherche et le sauvetage au combat, la détection de mines et le guidage aérien, ce qui le rend particulièrement efficace pour soutenir les opérations de guerre irrégulière.
Un coût trop élevé et une vulnérabilité révélée
Les récentes opérations menées au Moyen-Orient ont cependant révélé ses faiblesses : son coût et sa vulnérabilité. Comme le souligne le site spécialisé Defense Express, le drone de reconnaissance et de frappe s'est avéré une cible facile pour un adversaire dont les capacités de défense aérienne étaient loin d'être exceptionnelles. Face à un État qui dispose de radars modernes, de missiles sol-air et de systèmes de brouillage, ce drone relativement coûteux devient une cible vulnérable. Avec une vingtaine de pertes enregistrées, la facture est salée pour l'armée américaine. À raison de plus de 50 millions de dollars par appareil selon la configuration, le montant total des pertes serait de près d'un milliard de dollars.
Vers un drone plus économique et plus résilient
L'US Air Force planche désormais sur une alternative qui lui coûterait moins cher, quitte à faire des compromis techniques. Le nouveau cahier des charges a été approuvé un mois après que l'Armée de l'air a sondé les industriels. Parmi les caractéristiques envisagées pour le drone de remplacement figurent une portée de 1500 km et une autonomie de 20 heures. Ce nouvel appareil devrait aussi être capable de réaliser 100 missions pour un coût d'acquisition modéré. Le général Niemi a déclaré : « Nous pensons qu'il est possible de tirer profit des technologies de fabrication modernes afin d'acquérir un produit plus flexible, plus adapté à une architecture ouverte, plus facile à produire en grande quantité, et qui, en fin de compte, pourrait être utilisé de manière plus durable. »



