Alaa al-Qatrawi, poétesse palestinienne contrainte de fuir la bande de Gaza, a trouvé refuge à Dieulefit, dans la Drôme. Ce village, connu pour son histoire d'accueil des réfugiés, est devenu son nouveau point d'ancrage. Là, elle continue d'écrire et de témoigner, à travers ses poèmes, de la réalité vécue par les habitants de Gaza sous les bombardements israéliens.
Un exil contraint par la guerre
Alaa al-Qatrawi a quitté Gaza après le déclenchement de la guerre, le 7 octobre 2023. Comme des centaines de milliers de Palestiniens, elle a dû abandonner sa maison, ses proches et son quotidien. Son départ s'inscrit dans un contexte de destruction massive et de déplacements forcés qui touchent la quasi-totalité de la population de l'enclave.
Arrivée en France, elle a été accueillie à Dieulefit, une commune qui a marqué l'histoire en hébergeant des réfugiés, notamment des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce choix n'est pas anodin : il symbolise la continuité d'une tradition de solidarité et d'asile.
La poésie comme résistance et mémoire
Dans ses écrits, Alaa al-Qatrawi évoque la perte, l'exil, mais aussi la beauté fragile de la vie à Gaza. Ses poèmes, traduits en plusieurs langues, circulent au-delà des frontières, portant la voix de celles et ceux qui ne peuvent plus parler. Elle participe à des lectures publiques et des rencontres littéraires, notamment en France, pour faire connaître la réalité palestinienne.
« La poésie est mon seul moyen de rester vivante », confie-t-elle. « Chaque mot est une brique que je pose contre l'oubli. » Cette phrase, rapportée par Libération, illustre sa détermination à transformer la douleur en création.
Un village engagé dans l'accueil
Dieulefit, avec ses quelque 3 000 habitants, a su préserver son esprit d'ouverture. Des associations locales et des habitants se mobilisent pour faciliter l'installation des réfugiés, qu'ils soient Palestiniens ou d'autres nationalités. Alaa al-Qatrawi bénéficie de ce réseau de soutien, qui lui permet de se consacrer à son art.
Son installation dans ce village de la Drôme n'est pas un simple hasard : elle reflète une volonté de se reconstruire dans un lieu chargé de mémoire et de résistance. La poétesse y trouve un cadre propice à l'écriture, loin du tumulte de la guerre, mais sans jamais oublier ceux qui restent à Gaza.
Un témoignage qui dépasse les frontières
Le parcours d'Alaa al-Qatrawi s'inscrit dans une diaspora palestinienne de plus en plus visible sur la scène culturelle internationale. Ses œuvres sont présentées dans des festivals et des revues, contribuant à une prise de conscience collective. Elle rappelle que la culture est aussi un champ de bataille, où la mémoire et l'humanité se jouent.
Alors que la guerre se poursuit à Gaza, avec un lourd bilan humain et matériel, le témoignage d'Alaa al-Qatrawi apparaît comme un contrepoint nécessaire. À Dieulefit, elle continue d'écrire, de lire et de partager, faisant de son exil un acte de résistance poétique.



