Crise énergétique à La Havane : des files d'attente interminables pour l'essence
Crise énergétique à La Havane : files d'attente pour l'essence

La Havane paralysée par une crise énergétique sans précédent

Dans le quartier du Vedado, à La Havane, une scène surréaliste se déroule sous les yeux des habitants. Plongé dans l'obscurité à cause d'une énième coupure de courant, le secteur n'est éclairé que par la lumière blafarde d'un néon au-dessus des pompes à essence d'une station-service. Devant cet îlot de lumière, une file de voitures s'étire sur plusieurs pâtés de maisons, formant une procession silencieuse et désespérée.

Des heures d'attente pour quelques litres de carburant

Les chauffeurs, engourdis par l'attente, sortent régulièrement de leur torpeur pour pousser leur véhicule de quelques mètres, se rapprochant imperceptiblement de la précieuse pompe. José, un homme dans la quarantaine qui a demandé à rester anonyme, est arrivé au volant de sa Lada bleue des années 1980 dès 5 heures du matin ce 12 février. En milieu de journée, il attendait toujours, prisonnier de cette file interminable.

« Le pire, ce n'est pas l'attente : c'est l'incertitude », témoigne-t-il avec un soupir de lassitude. Comme de nombreux Cubains, José dépend entièrement de son véhicule pour travailler. La perspective de ne plus trouver d'essence le plonge dans l'angoisse la plus profonde.

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Un rationnement strict et un marché noir florissant

La situation est devenue si critique que les autorités ont instauré un rationnement drastique : 20 litres maximum par personne, et uniquement contre des dollars. Cette mesure ne fait qu'accentuer la précarité des habitants, déjà éprouvés par des années de difficultés économiques.

« Aujourd'hui, nous sommes limités à 20 litres par personne et nous devons payer en dollars. Mais demain, quand il n'y aura vraiment plus de pétrole, comment ferons-nous ? », s'interroge José, exprimant une inquiétude partagée par toute une population.

Face à ces restrictions, le marché noir prospère. Le litre d'essence y atteint des prix exorbitants : 4 000 pesos cubains, soit l'équivalent de 8 dollars, contre seulement 500 pesos au tarif officiel. Cet écart abyssal crée une économie parallèle qui profite aux plus aisés tout en pénalisant les plus vulnérables.

Des coupures d'électricité qui aggravent le quotidien

Les pénuries d'essence s'inscrivent dans un contexte plus large de crise énergétique. Les coupures d'électricité sont devenues monnaie courante à La Havane, plongeant régulièrement la ville dans l'obscurité. Seules quelques boutiques privées, équipées de générateurs, parviennent à maintenir une activité minimale, comme en témoigne une scène observée le 4 janvier 2026 où un habitant s'arrêtait devant l'une de ces « mipymes » éclairée malgré la panne générale.

Cette situation crée un cercle vicieux : sans électricité, les stations-service ne peuvent fonctionner normalement, réduisant encore la distribution de carburant. Les files d'attente s'allongent, l'économie tourne au ralenti, et le désespoir gagne du terrain dans les rues de la capitale cubaine.

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