Crise du kérosène à Cuba : pénurie prolongée jusqu'en avril, le tourisme menacé
Crise du kérosène à Cuba : pénurie prolongée jusqu'en avril

Crise aérienne à Cuba : la pénurie de kérosène s'installe durablement

La situation critique dans les aéroports cubains ne montre aucun signe d'amélioration. Les autorités aéroportuaires ont officiellement notifié aux compagnies aériennes, ce mardi 3 mars, que la pénurie de kérosène se poursuivrait au moins jusqu'au 10 avril 2026. Cette annonce prolonge une première alerte émise le 8 février, qui prévoyait déjà une absence de carburant aérien pour une durée d'un mois.

Un impact immédiat sur les liaisons aériennes

Les conséquences sont déjà palpables. Une demi-douzaine de compagnies aériennes, dont des transporteurs russes et canadiens, ont été contraintes de suspendre purement et simplement leurs vols vers et depuis Cuba. Pour celles qui maintiennent leurs rotations, la logistique devient un casse-tête. Plusieurs opérateurs doivent désormais organiser des escales techniques dans des pays tiers, comme le Mexique ou les Bahamas, uniquement pour se ravitailler en carburant avant de pouvoir reprendre leur route vers leur destination finale.

Cette situation chaotique illustre la profondeur de la crise des approvisionnements qui frappe l'île. L'Entreprise cubaine de navigation aérienne (ECNA) a publié la notification sur son site internet, officialisant ainsi une réalité que les acteurs du secteur subissent au quotidien.

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Le blocus énergétique américain, facteur aggravant

Cette pénurie aérienne s'inscrit dans un contexte géopolitique extrêmement tendu. Cuba subit de facto un blocus énergétique imposé par les États-Unis. Aucun pétrolier n'a pu accoster dans les ports cubains depuis le 9 janvier, asphyxiant progressivement l'économie de l'île. Washington justifie cette pression maximale en invoquant une « menace exceptionnelle » pour sa sécurité nationale, pointant la proximité géographique de Cuba, situé à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride.

Les tensions se sont récemment exacerbées suite à deux événements majeurs : la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines début janvier, et la décision subséquente de Caracas, sous pression de Washington, d'interrompre ses livraisons de pétrole à son allié cubain. Les États-Unis affichent ouvertement leur objectif de provoquer un changement de régime sur cette île de 9,6 millions d'habitants.

Le tourisme, pilier économique en péril

Les répercussions économiques pourraient être catastrophiques. Le secteur du tourisme, deuxième source de devises étrangères pour Cuba après l'exportation de services médicaux, est directement dans la ligne de mire. Ce pilier de l'économie, qui emploie environ 300 000 personnes, avait déjà été sévèrement affaibli par la pandémie de Covid-19 et par le renforcement des sanctions américaines ces dernières années.

La paralysie partielle du trafic aérien international risque de porter un coup fatal à cette industrie fragile. Sans vols réguliers, les touristes potentiels se détourneront de la destination, privant le pays de revenus essentiels. Cette crise du carburant ne se limite pas aux aéroports ; elle commande le quotidien de toute la population, affectant les transports, la production d'électricité et jusqu'aux services de santé les plus basiques.

La prolongation de la pénurie jusqu'en avril laisse présager des semaines difficiles, où la résilience de l'économie et de la société cubaines sera une nouvelle fois mise à l'épreuve face à une pression extérieure qui ne faiblit pas.

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