Alors que Moscou avait décrété un cessez-le-feu unilatéral pour les commémorations du 9-Mai, les deux camps dénoncent des attaques de drones incessantes sur le front. La Russie et l’Ukraine se sont mutuellement accusées vendredi de n’avoir pas respecté la trêve entrée en vigueur à minuit, chaque camp dénonçant des attaques de drones.
Les accusations de Kiev
« Du côté russe, il n’y a pas eu la moindre tentative, même symbolique, de cessez-le-feu sur le front. Comme nous l’avons fait au cours des dernières 24 heures, l’Ukraine ripostera de la même manière aujourd’hui », a écrit le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur X, soulignant que les forces russes avaient lancé plus de 850 drones sur le front pendant la nuit. L’armée ukrainienne a déclaré avoir abattu 56 drones russes hors du front, dans le reste du pays.
La défense aérienne russe en action
La défense aérienne russe a quant à elle intercepté plus de 250 drones ukrainiens depuis l’entrée en vigueur de sa trêve vendredi à 0 h, un horaire qui avait été confirmé la veille comme celui de l’application de la pause des combats par un porte-parole de la présidence russe. « Entre 0 h et 7 heures heure de Moscou (21 heures et 4 heures GMT), les moyens de la défense aérienne en service ont intercepté et détruit 264 drones ukrainiens », a écrit le ministère russe de la Défense dans un communiqué sur le réseau social Max. Les engins ont été abattus dans une dizaine de régions, dont celle de la capitale russe.
Mises en garde diplomatiques
Moscou avait promis que, pendant la trêve, les tirs russes seraient « complètement » interrompus le long de la ligne de front ainsi que contre les infrastructures militaires situées plus loin à l’intérieur du territoire ukrainien, tout en avertissant qu’il y aurait une riposte si l’Ukraine ne suivait pas l’exemple. Des ministères russes ont ainsi appelé mercredi puis jeudi la population et les diplomates à quitter Kiev pour éviter d’y subir d’éventuelles frappes russes de « représailles » si l’Ukraine venait à perturber l’anniversaire de la victoire de l’Union soviétique contre l’Allemagne nazie en 1945. « Les dernières menaces de Moscou de frapper le cœur de Kiev et l’avertissement aux missions diplomatiques de quitter Kiev sont […] irresponsables et totalement injustifiées », a réagi une porte-parole du Foreign Office britannique dans un communiqué.
Zelensky met en garde les alliés de la Russie
Volodymyr Zelensky a mis en garde jeudi les alliés de la Russie qui se rendraient sur la place Rouge pour la célébration annuelle de la Journée de la Victoire, le 9 mai. Le président ukrainien a déclaré que l’Ukraine avait « reçu des messages de certains États proches de la Russie, indiquant que leurs représentants prévoyaient de se rendre à Moscou », où se déroulera samedi le défilé militaire. « Une étrange envie […] par les temps qui courent. Nous ne le recommandons pas », a-t-il déclaré dans une allocution. L’Ukraine avait fait une contre-proposition de trêve à compter de mercredi, qualifiant la démarche russe de mesure de propagande.
Cérémonie à risques
Les Russes « veulent de l’Ukraine un permis pour organiser leur défilé, afin de pouvoir sortir en toute sécurité sur la place (Rouge) pendant une heure, une fois par an, et ensuite reprendre leurs tueries », a ajouté le président ukrainien. L’Ukraine, elle, célèbre désormais la fin de la Deuxième Guerre mondiale le 8 mai, comme les pays occidentaux. Ces dernières semaines, l’armée ukrainienne, qui a renforcé ses capacités en matière de drones, a intensifié ses frappes sur Moscou et en profondeur sur le sol russe, atteignant des cibles situées à des centaines de kilomètres de l’Ukraine. La Russie a annoncé qu’il n’y aurait pas d’équipements militaires lors du défilé du 9-Mai à Moscou, pour la première fois en près de vingt ans. Le nombre des invités étrangers a également diminué : seuls les dirigeants de la Biélorussie, de la Malaisie et du Laos assisteront à l’événement, outre ceux des deux républiques séparatistes géorgiennes soutenues par Moscou et non reconnues par l’ONU, selon le Kremlin. Des coupures intermittentes d’internet jusqu’à samedi ont en outre été ordonnées par les autorités à l’échelle de la capitale russe. Les pourparlers visant à mettre fin au conflit, devenu le plus sanglant en Europe depuis 1945, n’ont guère progressé et ont été relégués au second plan par la guerre au Moyen-Orient. Des discussions doivent néanmoins s’ouvrir jeudi à Miami, en Floride, entre négociateurs ukrainiens et américains.



