L'histoire aurait presque pu être contée par l'écrivain John le Carré. Elle est celle de Chung Biu (Bill) Yuen, 65 ans, et Chi Leung (Peter) Wai, 38 ans, tous deux accusés d'avoir mené des opérations secrètes de police pour le compte des autorités du territoire semi-autonome chinois, Hong Kong, depuis le Royaume-Uni.
Des profils clés au service de Hong Kong
Bill Yuen, ancien haut gradé de la police hongkongaise à la retraite, travaillait au bureau officiel de représentation commerciale du gouvernement de Hong Kong dans la capitale britannique. Peter Wai, quant à lui, était un policier de la City de Londres et travaillait également pour les services de contrôle aux frontières du Royaume-Uni.
Des renseignements sur des opposants
Sur les ordres de Bill Yuen, qui lui-même recevait des instructions de Hong Kong, Peter Wai compilait des renseignements sur diverses cibles, notamment des opposants aux autorités de Hong Kong vivant au Royaume-Uni. Pris la main dans le sac, les deux ressortissants britannico-chinois ont finalement été jugés puis reconnus coupables, hier, à Londres, « d'aide aux services de renseignement chinois et hongkongais », à l'issue d'un procès qui aura duré plusieurs mois.
Une accusation d'ingérence « dans les affaires hongkongaises »
Une condamnation qui n'a pas vraiment plu au gouvernement chinois. À tel point qu'une protestation solennelle a été transmise aux autorités britanniques, dans laquelle la Chine fustige le jugement, dénonce une « manœuvre politique » des autorités britanniques, et appelle les autorités britanniques à cesser de « s'ingérer dans les affaires hongkongaises ». « Les faits démontrent clairement qu'il ne s'agit là que d'une manœuvre politique de la partie britannique, visant à abuser de la loi et à manipuler le processus judiciaire », écrit l'ambassade de Chine dans le communiqué.
« Son unique objectif est d'encourager les militants anti-chinois qui se cachent au Royaume-Uni et qui s'acharnent à déstabiliser Hong Kong, ainsi que de diaboliser » les gouvernements chinois et hongkongais, a-t-il souligné. « Nous prendrons les mesures nécessaires pour sauvegarder fermement nos intérêts », conclut le communiqué.
Réaction britannique et suite judiciaire
Le gouvernement britannique a annoncé, dans la foulée, la convocation de l'ambassadeur chinois pour protester contre « une atteinte à la souveraineté » du Royaume-Uni. Les deux hommes, eux, connaîtront leur peine lors d'une prochaine audience prévue le 15 mai.



