L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro quitte l'hôpital pour une assignation à résidence
Après deux semaines d'hospitalisation pour une bronchopneumonie, l'ex-président brésilien Jair Bolsonaro a regagné son domicile vendredi. Il doit désormais purger en résidence surveillée sa peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d'État, une mesure temporaire accordée pour des raisons humanitaires.
Une libération conditionnelle pour raisons médicales
Jair Bolsonaro, 71 ans, « vient tout juste de sortir de l'hôpital », a déclaré son cardiologue, Brasil Caiado, devant la clinique privée DF Star de Brasilia. L'ancien dirigeant d'extrême droite (2019-2022) avait été admis dans cet établissement après un malaise accompagné d'une forte fièvre, de sueurs et de frissons, survenu alors qu'il était incarcéré au complexe pénitentiaire de Papuda, à Brasilia.
Pour sa convalescence, le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes lui a concédé mardi cette assignation à résidence pour raisons « humanitaires » et à titre temporaire, pour 90 jours renouvelables. Cette décision fait suite à plusieurs requêtes rejetées de ses avocats, mais la dernière hospitalisation, au cours de laquelle Bolsonaro a passé plus d'une semaine en soins intensifs, a finalement changé la donne.
Des conditions strictes et des problèmes de santé persistants
Bolsonaro doit porter un bracelet électronique, et il lui est interdit d'utiliser un téléphone portable et les réseaux sociaux. Il peut en revanche recevoir des visites de sa famille, de ses avocats et de ses médecins. Selon ses médecins, l'infection respiratoire pour laquelle il s'est fait soigner est la conséquence d'un épisode de bronchoaspiration, un problème récurrent lié aux séquelles d'un coup de couteau reçu à l'abdomen lors d'un meeting de campagne en 2018.
Depuis cet incident, Bolsonaro a subi de nombreuses opérations et souffre de crises de hoquet, parfois accompagnées de vomissements. « Au vu des pathologies dont il souffre, son domicile est humainement plus sain », a affirmé le cardiologue Brasil Caiado mercredi.
Un contexte judiciaire et politique chargé
En septembre, Jair Bolsonaro a été condamné par la Cour suprême pour avoir tenté de se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale de 2022 face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva. Après avoir passé une période en résidence surveillée, il a été incarcéré en novembre dans les locaux de la police fédérale à Brasilia pour avoir tenté d'endommager son bracelet électronique avec un fer à souder, un geste interprété par le juge Moraes comme une tentative de fuite.
À l'issue du délai de 90 jours fixé par le juge Moraes, une expertise médicale pourra être menée pour évaluer la nécessité ou non de prolonger ce placement en résidence surveillée. Parallèlement, Bolsonaro avait adoubé en décembre son fils aîné, Flavio, comme candidat à la présidentielle d'octobre prochain. Flavio Bolsonaro, actuellement sénateur, est au coude à coude dans les sondages avec Lula, qui compte briguer un quatrième mandat.



