Un ancien général syrien, âgé de 57 ans, est jugé depuis ce lundi devant un tribunal de Vienne, en Autriche, pour crimes de guerre. Il est accusé d'avoir ordonné et supervisé des exécutions sommaires et des actes de torture entre 2011 et 2012, au début de la guerre civile syrienne. Selon l'acte d'accusation, il aurait personnellement participé à la torture de détenus et aurait donné l'ordre de tuer au moins 20 personnes.
Un procès historique en Europe
Ce procès est l'un des premiers en Europe à juger un haut gradé syrien pour des atrocités commises pendant le conflit. L'accusé, qui a fui la Syrie en 2015 et a obtenu l'asile en Autriche, a été arrêté en 2020 à la suite d'une plainte déposée par des organisations de défense des droits de l'homme. Il conteste les faits et affirme n'avoir jamais donné d'ordres de tuer.
Les témoins, dont d'anciens détenus, ont décrit des scènes de violence extrême. L'un d'eux a déclaré : "Il nous frappait avec des câbles électriques et nous menaçait de mort. Je l'ai vu tuer un homme de ses propres mains." Ces témoignages sont cruciaux pour l'accusation, qui s'appuie également sur des documents et des photos.
Un précédent pour la justice internationale
Ce jugement pourrait créer un précédent pour d'autres poursuites contre des responsables syriens en Europe. Plusieurs pays, dont l'Allemagne et la France, enquêtent sur des crimes de guerre en Syrie. L'Autriche applique le principe de compétence universelle, qui permet de juger des crimes graves même s'ils ont été commis à l'étranger.
Le verdict est attendu dans plusieurs semaines. L'accusé encourt la réclusion à perpétuité. Ce procès est suivi de près par les associations de victimes, qui espèrent que la justice pourra enfin être rendue.



