Le gouvernement australien a exprimé sa vive indignation après la décision d'Israël de clore une enquête militaire sur la mort de sept humanitaires de l'organisation World Central Kitchen, tués dans une frappe israélienne à Gaza le 1er avril 2024. Parmi les victimes figurait une Australienne, Zomi Frankcom, 43 ans.
Des conclusions jugées insuffisantes
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a déclaré que l'Australie était « outrée » par la clôture de l'enquête, estimant que les conclusions israéliennes « ne sont pas suffisantes pour rendre justice à Zomi et aux autres humanitaires tués ». Selon un communiqué du ministère israélien de la Défense, l'enquête a conclu que la frappe était « une grave erreur due à une mauvaise identification » et a entraîné le renvoi de deux officiers et la réprimande de plusieurs autres.
Canberra avait demandé une enquête « transparente, exhaustive et indépendante » sur les circonstances de la mort de Zomi Frankcom. La ministre Wong a souligné que « la clôture de cette enquête sans qu'aucune responsabilité pénale ne soit retenue est profondément décevante ». L'Australie a également appelé à une révision complète des procédures militaires israéliennes pour éviter de telles tragédies à l'avenir.
Un contexte de tensions diplomatiques
Cette affaire intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre l'Australie et Israël. En décembre 2024, le gouvernement australien avait voté en faveur d'une résolution de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, ce qui avait suscité des critiques de la part d'Israël. La mort de Zomi Frankcom avait provoqué une onde de choc en Australie, où sa famille et des associations humanitaires réclamaient justice.
L'organisation World Central Kitchen, fondée par le chef étoilé José Andrés, avait suspendu ses opérations à Gaza après la frappe. Le convoi humanitaire, qui avait été clairement identifié comme tel, avait été touché par plusieurs frappes aériennes israéliennes, tuant également des ressortissants britanniques, polonais et palestiniens.
Des réactions internationales
Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la Pologne et les États-Unis, avaient également exprimé leur consternation après la frappe. Le gouvernement britannique a demandé une enquête indépendante, tandis que la Pologne a convoqué l'ambassadeur israélien. Les États-Unis, allié clé d'Israël, ont appelé à une enquête rapide et transparente.
La décision israélienne de clore l'enquête a été critiquée par des organisations de défense des droits humains, qui estiment qu'elle ne répond pas aux normes internationales. Human Rights Watch a qualifié la clôture de l'enquête de « déni de justice » et a appelé à une enquête internationale indépendante.
Le gouvernement australien a indiqué qu'il continuerait à faire pression pour que des mesures concrètes soient prises afin d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent. La ministre Wong a réaffirmé l'engagement de l'Australie à soutenir le droit international humanitaire et à protéger les travailleurs humanitaires dans les zones de conflit.



