Sergueï, artiste ukrainien, refuse la mobilisation : « Je serai le premier à mourir »
Artiste ukrainien refuse la mobilisation : « Premier à mourir »

Sergueï, artiste ukrainien, refuse la mobilisation : « Regardez-moi, je serai le premier à mourir »

Dans le troisième épisode de la série « Les hommes de l’arrière-front », Sergueï, un artiste ukrainien de 37 ans, exprime son refus catégorique d’être mobilisé pour aller combattre au front. Publié le 17 mars 2026, ce témoignage poignant révèle les craintes et les critiques d’un homme qui observe la guerre depuis l’arrière.

Un artiste confronté à la réalité de la guerre

Peintre passionné par le langage et ses usages, Sergueï porte une attention particulière à la manière dont les mots et les images sont détournés en période de conflit. Il se montre très critique vis-à-vis du récit médiatique officiel, qui présente l’Ukraine comme un pays résistant héroïquement. Pour lui, cette narration ne reflète pas la complexité de la situation sur le terrain.

« Après une invasion, une colonisation, un empire, il se crée une atmosphère particulière. Le langage cesse d’être neutre. Il devient chargé. Les mots que nous utilisons ne décrivent pas simplement la réalité : ils la structurent. Ils forment une mentalité », explique Sergueï, en référence aux travaux de l’écrivain et philologue allemand Victor Klemperer sur la langue du IIIe Reich.

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La peur de la mobilisation

Comme d’autres Ukrainiens, Sergueï vit avec l’angoisse constante d’être appelé à rejoindre les forces armées. « Regardez-moi, je serai le premier à mourir », affirme-t-il, soulignant son inaptitude physique et mentale pour le combat. Cette déclaration reflète le désespoir de nombreux civils pris au piège d’un conflit qui semble sans fin.

Son témoignage s’inscrit dans une série d’articles qui donnent la parole à des hommes de l’arrière-front, comme Vadym, 48 ans, qui a déjà tout perdu à cause de la guerre, ou Stanislas, un étudiant menacé de mobilisation. Ces récits mettent en lumière les dilemmes moraux et les souffrances psychologiques engendrés par le conflit.

Le langage comme outil de manipulation

Sergueï insiste sur l’importance d’analyser comment le langage est utilisé pour façonner les perceptions pendant la guerre. Il compare les méthodes soviétiques et nazies de manipulation linguistique, arguant que des mécanismes similaires sont à l’œuvre aujourd’hui en Ukraine. Pour lui, comprendre ces dynamiques est crucial pour résister à la propagande et préserver une pensée critique.

Ce témoignage, recueilli par Marie Vaton, offre un regard rare sur les réalités de la guerre vécues par les civils. Il rappelle que derrière les chiffres et les stratégies militaires, il y a des individus dont les vies sont bouleversées à jamais.

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