Accord USA-Iran : Les pays du Golfe et Israël redoutent une victoire stratégique de Téhéran
Accord USA-Iran : Les pays du Golfe et Israël inquiets

Un possible accord USA-Iran sous tension régionale

Donald Trump s'apprête-t-il à conclure un accord avec l'Iran ? De nombreux signaux semblent indiquer cette orientation. Cependant, la perspective d'un accord de paix, potentiellement sous médiation pakistanaise, est loin de satisfaire Israël et la majorité des pays du Golfe. Certains, comme l'Arabie Saoudite, exerceraient même des pressions sur le président américain pour l'inciter à poursuivre le conflit. Leur objectif est clair : réduire au maximum les capacités balistiques iraniennes, afin de limiter sa force de frappe dans la région et d'éviter d'en subir les conséquences.

Les craintes ravivées des pays du Golfe

Ces dernières années, les pays du Golfe avaient considérablement amélioré leurs relations avec la République islamique. Mais les violentes attaques iraniennes menées ces dernières semaines en riposte à l'offensive israélo-américaine ont ravivé leurs anciennes peurs. Ils redoutent désormais de voir le régime iranien sortir enhardi de cette guerre, capable de frapper à sa guise des installations énergétiques sur leur territoire et d'exercer un contrôle accru sur le détroit d'Ormuz.

La menace balistique et nucléaire au cœur des préoccupations

Pour les nations du Golfe, les missiles iraniens représentent la menace numéro un. Selon leur analyse, mettre fin au conflit avant d'avoir démantelé les capacités offensives de l'Iran équivaudrait à offrir au régime une victoire générationnelle. Ils comparent cette situation au triomphe du dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser sur la Grande-Bretagne, la France et Israël lors de la crise de Suez en 1956.

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Du côté israélien, l'objectif primordial reste la destruction des capacités nucléaires iraniennes. Comme l'explique Shira Efiron, spécialiste du Proche-Orient au think tank Rand Corporation, "Un cessez-le-feu signifierait abandonner la guerre en l’état, avec un Guide suprême qui porte toujours le nom de Khamenei et les 440 kilos d’uranium hautement enrichi toujours sur place". Alors que les espoirs de changement de régime s'estompent, Israël espère néanmoins réussir à paralyser durablement la base militaro-industrielle iranienne.

Des divergences stratégiques entre les pétromonarchies

Plusieurs pétromonarchies du Golfe, dont la réputation de pays "sûrs" dans une région agitée a été ébranlée ces dernières semaines, veulent à tout prix éviter de se retrouver à nouveau attaquées par l'Iran. "Nous ne nous laisserons jamais faire chanter par des terroristes", a averti le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, tandis que son pays continue de faire pression sur Washington pour poursuivre les hostilités.

L'Arabie Saoudite partage cette position. Selon la journaliste Karen Elliott House, spécialiste du régime wahhabite, "MBS souhaite désormais que Donald Trump 'termine le travail', c’est-à-dire qu’il contribue clairement à la chute du régime théocratique iranien. Il ne veut pas se retrouver à proximité d’un Iran humilié mais animé d’un esprit de revanche, toujours capable de déstabiliser durablement la région".

Le Qatar, une voix discordante

Toutefois, une nuance importante mérite d'être soulignée : tous les pays du Golfe ne partagent pas exactement la même ligne. Le Qatar, qui a subi une attaque majeure sur son complexe gazier de Ras Laffan, portant un coup d'arrêt à sa production de GNL, est conscient que la guerre produit déjà des rendements décroissants et aurait plutôt intérêt à un accord de paix.

Doha souhaite par ailleurs travailler à la mise en place d'un modèle de sécurité alternatif pour le Golfe. Comme l'a insisté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qatari, "Nos pays doivent jouer un rôle dans la refonte du système de sécurité régional, conformément à nos intérêts stratégiques". Cette position illustre les divisions stratégiques au sein même du Conseil de coopération du Golfe face à la perspective d'un accord américano-iranien.

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