Donald Trump durcit sa politique douanière après le revers judiciaire
Le président américain Donald Trump a annoncé samedi une augmentation significative des droits de douane mondiaux, les faisant passer de 10% à 15%, soit le taux maximal autorisé. Cette décision intervient au lendemain d'un revers majeur infligé par la Cour suprême des États-Unis, qui a jugé illégale une grande partie de sa politique tarifaire agressive.
Une réponse immédiate à la censure judiciaire
Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a déclaré : « En tant que président des États-Unis d'Amérique, je vais augmenter avec effet immédiat les droits de douane mondiaux de 10% au niveau pleinement autorisé de 15% ». Cette mesure s'appliquera pour une durée de 150 jours, selon les précisions fournies par la Maison Blanche.
Le décret présidentiel entrera en vigueur le 24 février 2026 et concernera la plupart des partenaires commerciaux des États-Unis, y compris l'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan. Certaines exemptions sont prévues pour des secteurs spécifiques comme l'industrie pharmaceutique et les biens entrant dans le cadre de l'accord États-Unis-Mexique-Canada.
Un camouflet historique de la Cour suprême
Cette escalade tarifaire fait suite à une décision retentissante de la Cour suprême vendredi 20 février. Pour la première fois durant le second mandat de Donald Trump, la plus haute juridiction du pays a invalidé définitivement une mesure présidentielle, estimant que le chef de l'État avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux.
Le vote a révélé une alliance inhabituelle entre trois juges conservateurs et les trois membres progressistes de la Cour, créant une majorité de six voix contre trois. Dans son allocution, Donald Trump a exprimé sa « honte absolue » face à cette décision qu'il a qualifiée de « terrible », accusant certains juges d'avoir cédé à des « influences étrangères ».
Les réactions internationales et domestiques
La communauté internationale a réagi avec prudence à cette nouvelle escalade commerciale. Le ministre français de l'économie, Roland Lescure, a souligné que les droits de douane « étaient pour le moins sujets à débat » et a rappelé que le déficit commercial américain restait important. Berlin a pour sa part affirmé rester « en contact étroit » avec Washington pour garantir la stabilité des relations commerciales.
Sur le plan intérieur, la décision a exposé les divisions au sein du Parti républicain. Alors que le vice-président J.D. Vance a dénoncé une décision « illégale » de la Cour suprême, certains élus républicains ont salué le jugement. Les démocrates y ont vu un désaveu de l'« excès de pouvoir » de l'exécutif.
Conséquences économiques et perspectives
Les marchés financiers ont accueilli favorablement la décision de la Cour suprême, avec des hausses notables à Wall Street vendredi. Cependant, les données économiques récentes suggèrent que le protectionnisme de Donald Trump commence à peser sur la croissance américaine.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a tenté de rassurer en affirmant que les nouvelles mesures tarifaires aboutiraient à des « recettes douanières pratiquement inchangées en 2026 ». Donald Trump, quant à lui, a assuré que son administration disposait d'« excellentes options » pour remplacer les mesures invalidées et que cette situation le rendait en réalité « plus puissant » en matière de régulation commerciale.
Le président français Emmanuel Macron, commentant la décision de la Cour suprême, a déclaré : « C'est bien d'avoir des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans des démocraties », tout en appelant à la vigilance face aux nouvelles annonces tarifaires de l'administration Trump.



