Une décision historique de la Cour suprême suivie d'une riposte immédiate
Dans un rebondissement majeur de la politique commerciale américaine, la Cour suprême des États-Unis a jugé vendredi 20 février 2026 qu'une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump étaient illégaux. Cette décision historique, qualifiée de « terrible » par le président américain, n'a pourtant pas empêché ce dernier d'annoncer quelques heures plus tard l'imposition d'une nouvelle taxe douanière mondiale de 10%.
La colère de Trump face à la censure judiciaire
« Profondément déçu » et parlant de sa « honte absolue », Donald Trump a vivement critiqué les six juges de la Cour suprême qui ont formé une majorité inhabituelle contre sa politique tarifaire. Le président américain les a accusés d'avoir cédé face à des « influences étrangères » et d'être « antipatriotiques ».
Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, Trump a néanmoins affirmé que cette décision défavorable le rendait en fait « plus puissant » en matière de régulation commerciale. « Nous allons passer les cinq prochaines années devant les tribunaux » concernant le remboursement des droits de douane déjà perçus, a-t-il déclaré.
Une nouvelle taxe mondiale effective dès le 24 février
Malgré le camouflet judiciaire, Donald Trump a signé un décret imposant une taxe douanière mondiale de 10% qui entrera en vigueur le 24 février 2026 pour une durée de cent cinquante jours. Cette mesure, qui « s'ajoutera à nos droits de douane normaux déjà en vigueur » selon le président, concerne tous les pays, y compris ceux ayant signé des accords commerciaux avec Washington.
Certaines exemptions sont prévues, notamment pour l'industrie pharmaceutique et les biens entrant aux États-Unis dans le cadre de l'accord États-Unis-Mexique-Canada. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a assuré que ce plan tarifaire alternatif entraînerait des « recettes douanières pratiquement inchangées en 2026 ».
Réactions internationales et division politique
La décision de la Cour suprême et l'annonce de la nouvelle taxe ont provoqué des réactions contrastées à travers le monde. Emmanuel Macron, s'exprimant depuis le Salon de l'agriculture à Paris, a salué le rôle des contre-pouvoirs dans les démocraties : « C'est bien d'avoir des Cours suprêmes et un État de droit. Elle a regardé la Constitution, elle dit ce n'est pas conforme à la Constitution. »
Le président français a toutefois appelé à la prudence : « On va regarder exactement les conséquences, ce qui peut être fait et on va s'adapter. » Berlin a pour sa part indiqué rester « en contact étroit » avec Washington, tandis que le Mexique a prôné la patience avant d'évaluer les impacts potentiels sur ses exportations.
Au sein même du Parti républicain, des divisions sont apparues. Si certains élus comme le vice-président J.D. Vance ont dénoncé une décision « illégale » de la Cour suprême, d'autres comme le sénateur Rand Paul ont rappelé que « le pouvoir d'imposer des droits de douane relève très clairement du pouvoir de lever l'impôt ».
Conséquences économiques et perspectives commerciales
Les données publiées par le département du commerce américain laissent entrevoir les premiers effets négatifs des droits de douane sur la croissance des États-Unis. Le ministre français de l'économie, Roland Lescure, a relevé que le déficit commercial américain était resté très important en 2025, montrant que les droits de douane ne sont « peut-être pas la recette magique qu'on espérait ».
Donald Trump a précisé que « la plupart » des accords négociés sur les droits de douane depuis le printemps 2025 restaient valables, mais que certains seraient remplacés par les nouvelles mesures. Cette question concerne notamment l'Union européenne, que le président américain a taclée en la qualifiant de « devenue trop molle ».
Sur les marchés financiers, Wall Street a salué le revers de Trump avec des hausses modérées, le Dow Jones progressant de 0,47% et le Nasdaq de 0,90%. Cette réaction prudente reflète l'incertitude persistante qui plane désormais sur les relations commerciales internationales, plongées à nouveau dans le doute après cette journée historique de décisions contradictoires.



