Depuis ce vendredi 23 juillet, les États-Unis appliquent de nouveaux droits de douane de 10 à 12,5 % sur les produits commercialisés par leurs partenaires commerciaux s’ils sont issus du travail forcé. Cette mesure, annoncée jeudi 22 juillet au soir par de hauts représentants de l’administration Trump, prend le relais du tarif douanier universel de 10 %, invalidé par la Cour suprême début 2026 et arrivé à expiration.
Des taxes ciblant une soixantaine de partenaires
Les nouveaux droits de douane concernent une soixantaine de partenaires commerciaux, dont l’Union européenne, le Canada, le Mexique et la Chine. Washington motive ces taxes par le manque de lutte de ses partenaires contre le travail forcé. Selon un haut représentant de l’administration américaine, les États-Unis ont des restrictions plus sévères concernant les biens réalisés grâce au travail forcé et les appliquent avec une plus grande fermeté que n’importe quel autre pays, ce qui conférerait aux concurrents commerciaux de Washington un avantage déloyal.
Les droits de douane s’appliquent à 99,4 % des importations américaines, mais de nombreux produits comme le pétrole, le gaz, les engrais ou certains produits alimentaires en sont exemptés. Une exemption de quatre jours est prévue pour les biens actuellement en transit.
Des taux différenciés selon les pays
Des droits de douane de 10 % seront imposés sur les importations de Grande-Bretagne, du Canada, de l’Équateur, du Salvador, du Guatemala, du Honduras, d’Inde, d’Indonésie, du Mexique, du Pakistan, d’Argentine, du Bangladesh, du Cambodge, de Jordanie, de Malaisie, du Sri Lanka, et de Trinité-et-Tobago. L’Union européenne, Taïwan, la Corée du Sud, la Suisse et le Japon sont visés par des taux qui, ajoutés à ceux déjà en vigueur, s’élèveraient à 10 % ou 12,5 %. Les 38 pays restants, dont la Chine, se sont vu attribuer un taux de 12,5 %.
Réactions internationales
Plusieurs gouvernements contestent ces sanctions jugées infondées. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a remis en cause les motifs invoqués par Washington, affirmant que les allégations concernant des lacunes dans les contrôles de l’UE en matière de travail forcé étaient sans fondement et que le bloc chercherait à obtenir des clarifications. Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a déclaré que « ce droit de douane imposé à la Norvège ne repose sur rien, car nous disposons déjà de règles claires visant à empêcher le commerce de marchandises produites en recourant au travail forcé ». L’Australie et le Brésil ont estimé que les nouveaux droits de douane étaient injustifiés et ont dit qu’ils tenteraient d’obtenir leur retrait. Le ministre canadien du Commerce, Dominic LeBlanc, a indiqué que « nous continuerons d’échanger de manière constructive avec les États-Unis sur cette question, ainsi que sur d’autres dossiers en suspens, au cours des prochaines semaines, dans l’intérêt mutuel de nos citoyens ».



