Trump impose une nouvelle taxe mondiale de 10% pour 150 jours après un revers judiciaire
Nouvelle taxe mondiale de Trump après invalidation de la Cour suprême

Une nouvelle offensive commerciale de Trump après un revers judiciaire

Le président américain Donald Trump a lancé une nouvelle offensive commerciale mondiale ce mardi 24 février, en imposant une taxe de 10% sur les importations de tous les pays pour une durée de 150 jours. Cette décision intervient quelques jours seulement après son retour à la Maison-Blanche et fait suite à un important revers judiciaire.

La Cour suprême invalide les précédents droits de douane

Vendredi 20 février, la Cour suprême américaine a invalidé une série de droits de douane décidés par l'administration Trump, après des mois de négociations internationales. Les juges ont estimé que les États-Unis n'étaient pas en situation d'urgence nationale, rendant ainsi illégale l'invocation de la loi IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) qui servait de base juridique à ces mesures.

Trump active une loi de 1974 jamais utilisée

Privé de son levier d'urgence nationale, Donald Trump s'est immédiatement tourné vers une autre base juridique : la section 122 de la loi sur le commerce de 1974. Cette disposition, qui n'avait jamais été utilisée pour fixer des taxes, permet au président d'imposer des droits de douane jusqu'à 15% pour rééquilibrer la balance des paiements américaine.

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Initialement annoncés à 15%, les nouveaux droits de douane sont finalement entrés en vigueur à 10% ce mardi et s'appliqueront jusqu'au 24 juillet, soit la durée maximale de 150 jours autorisée par cette loi.

L'Union européenne particulièrement touchée

Cette nouvelle taxe s'ajoute aux droits de douane déjà en vigueur avant leur invalidation par la Cour suprême. L'Union européenne, qui était taxée en moyenne à hauteur de 4,8%, voit certains produits particulièrement pénalisés. Les fromages européens, par exemple, passent de 14,8% à près de 30% de droits de douane.

Gagnants et perdants de cette nouvelle donne

Contre toute attente, certains pays sortent gagnants de cette décision :

  • Le Brésil, qui devait faire face à 50% de droits de douane, est moins pénalisé
  • La Suisse (39% prévus), le Canada (30%) et le Mexique (25%) bénéficient également d'un allègement
  • Les pays d'Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Cambodge) voient leurs taxes réduites par rapport aux 19% de l'année précédente
  • La Chine, dont les droits étaient montés jusqu'à 145% avant une "trêve commerciale" à 30%, est également avantagée

En revanche, les alliés de la Maison-Blanche épargnés en 2025 rejoignent le camp des perdants. L'Argentine de Javier Milei, fidèle alliée qui ne payait que 10% de droits de douane, devra désormais additionner cette nouvelle taxe à ses tarifs de 2024.

Incertitude sur les accords commerciaux existants

La décision de la Cour suprême et la nouvelle taxe de Trump créent une profonde incertitude sur les accords commerciaux conclus avec Washington :

  1. L'Union européenne a suspendu la ratification de l'accord de Turnberry qui avait permis aux 27 de réduire leurs droits de douane de 25% à 15%
  2. Le Japon a demandé aux États-Unis de garantir un traitement aussi favorable que dans l'accord existant
  3. La Grande-Bretagne et Taïwan ont manifesté leur préférence pour le maintien de leurs accords actuels
  4. L'Inde pourrait suspendre son accord avec Washington grâce à une clause permettant de revoir les engagements en cas de modification des barrières tarifaires

La réaction menaçante de Donald Trump

Conscient des dangers qui pèsent sur ses accords commerciaux, Donald Trump a fustigé sur Truth Social : "Tous les pays qui voudraient jouer avec la décision ridicule de la Cour suprême, en particulier ceux qui ont plumé les États-Unis pendant des années, ou même des décennies, seraient confrontés à un droit de douane beaucoup plus élevé". Cette déclaration illustre la détermination du président américain à poursuivre sa politique commerciale agressive malgré les obstacles judiciaires.

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La Commission européenne s'est d'ailleurs agacée dimanche 22 février, déclarant : "Un deal est un deal", tout en exprimant son inquiétude quant aux conséquences de cette nouvelle réglementation sur l'économie européenne. Le Vieux Continent craint particulièrement la menace d'une taxe de 15% que Trump pourrait imposer, mettant en danger l'ensemble des secteurs économiques européens.