L'accord UE-Mercosur entrera en vigueur provisoirement dès le 1er mai
Les protestations répétées de la France et du secteur agricole européen n'ont pas suffi à bloquer le processus. La Commission européenne a officiellement annoncé ce lundi que l'accord commercial historique entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur sera appliqué provisoirement à partir du 1er mai prochain. Cette décision intervient malgré les inquiétudes persistantes concernant les conséquences pour l'agriculture européenne.
Une application provisoire malgré les contestations juridiques
« L'application provisoire permettra la suppression immédiate de certains droits de douane », a souligné Bruxelles dans son communiqué. Cette mise en œuvre anticipée survient alors que le Parlement européen avait saisi la justice en janvier dernier pour vérifier la légalité complète de ce traité de libre-échange controversé.
Le texte est farouchement combattu par les agriculteurs européens et particulièrement par la France, mais trouve au contraire des partisans enthousiastes en Allemagne et en Espagne. En attendant une décision définitive de la Cour de justice de l'Union européenne, qui pourrait intervenir d'ici un an et demi, la Commission a donc opté pour cette application provisoire.
Des échanges commerciaux profondément transformés
Ce traité commercial d'envergure doit permettre aux pays membres de l'Union européenne d'exporter davantage de produits manufacturés vers les marchés sud-américains, notamment :
- Des véhicules automobiles
- Des machines industrielles
- Des vins et spiritueux
En contrepartie, l'accord facilitera considérablement l'entrée en Europe de produits agricoles en provenance d'Amérique latine :
- Viande bovine
- Volailles
- Sucre
- Riz
- Miel
- Soja
Un débat économique aux positions diamétralement opposées
Pour ses partisans les plus convaincus, cet accord doit permettre de relancer significativement l'économie européenne, qui souffre actuellement de la concurrence agressive de la Chine et des droits de douane élevés imposés par les États-Unis. Ils y voient une opportunité stratégique pour renforcer la position commerciale de l'Europe sur la scène internationale.
À l'inverse, ses détracteurs les plus virulents estiment qu'il risque au contraire de déstabiliser profondément l'agriculture européenne avec l'arrivée massive de produits importés moins chers et pas nécessairement conformes aux normes environnementales et sanitaires strictes de l'Union européenne, notamment en raison de contrôles jugés insuffisants.
Les conditions pratiques de mise en œuvre
L'accord pourra donc s'appliquer provisoirement avec les pays du Mercosur qui auront achevé leurs procédures de ratification internes et notifié officiellement l'Union européenne avant la fin du mois de mars. « L'Argentine, le Brésil et l'Uruguay l'ont déjà fait. Le Paraguay a récemment ratifié l'accord et devrait envoyer sa notification dans les prochains jours », a précisé la Commission européenne dans son annonce officielle.
Cette application provisoire marque une étape décisive dans la mise en œuvre de l'un des accords commerciaux les plus ambitieux et les plus controversés de l'histoire récente de l'Union européenne, avec des conséquences potentielles majeures pour les économies des deux continents.



