Une nouvelle vague de violences xénophobes secoue l'Afrique du Sud, ciblant particulièrement les immigrés originaires d'autres pays africains. Des affrontements et des pillages ont été signalés dans plusieurs townships, poussant des centaines de personnes à fuir leurs domiciles. Selon des témoins, des groupes armés parcourent les rues en exigeant le départ des étrangers, accusés de prendre les emplois et les ressources des Sud-Africains.
Des scènes de violence dans les townships
À Johannesburg, dans le quartier de Soweto, des émeutes ont éclaté le week-end dernier. Des commerces appartenant à des ressortissants somaliens, éthiopiens et congolais ont été saccagés et incendiés. La police a été déployée pour tenter de rétablir l'ordre, mais les violences persistent. « Il n'y a plus d'avenir pour nous ici », confie un immigré mozambicain, qui a vu sa boutique détruite. « Nous sommes venus chercher une vie meilleure, mais nous sommes traités comme des ennemis. »
Un climat de tensions économiques
Ces violences s'inscrivent dans un contexte de crise économique aiguë en Afrique du Sud. Le taux de chômage dépasse les 32 %, et la pauvreté touche une grande partie de la population. Les discours politiques et médiatiques attisent souvent les ressentiments envers les immigrés, les présentant comme responsables des difficultés économiques. « On nous accuse de voler les emplois, mais nous faisons les travaux que les Sud-Africains refusent », explique un commerçant sénégalais installé depuis dix ans.
Des précédents meurtriers
L'Afrique du Sud a connu plusieurs vagues de violences xénophobes par le passé, notamment en 2008 et 2015, qui avaient fait des dizaines de morts et des milliers de déplacés. Les autorités sud-africaines condamnent ces actes, mais les mesures de protection restent insuffisantes. « Le gouvernement doit agir de manière plus ferme pour protéger les immigrés et punir les auteurs de ces violences », déclare un responsable d'une ONG locale. « Sinon, ces attaques vont continuer et s'intensifier. »
La communauté internationale préoccupée
L'Union africaine et plusieurs pays africains ont exprimé leur inquiétude face à cette résurgence de la xénophobie. Le Nigeria a rappelé son ambassadeur en Afrique du Sud pour consultations. Des appels à la solidarité entre peuples africains se multiplient, mais sur le terrain, la peur domine. « Nous vivons dans la terreur constante », confie une mère de famille zimbabwéenne. « Mes enfants ont peur d'aller à l'école. »



