Condamnation sévère pour l'ancien magistrat
Le tribunal de première instance de Tunis a condamné, ce vendredi 22 mai 2026, Chawki Tabib, ancien président de l'Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), à dix ans de prison ferme. Cette peine, prononcée à l'issue d'un procès controversé, a suscité de vives réactions au sein de la société civile et de la communauté internationale.
Des accusations de complot
Chawki Tabib était poursuivi pour « complot contre la sécurité de l'État » et « atteinte à l'autorité de l'État ». Selon l'accusation, il aurait participé à des réunions secrètes avec des personnalités politiques et des diplomates étrangers visant à déstabiliser le pays. La défense a dénoncé un procès politique, estimant que les charges étaient infondées et motivées par des représailles pour son action anticorruption.
Un parcours marqué par la lutte anticorruption
Ancien magistrat, Chawki Tabib avait été nommé à la tête de l'INLUCC en 2019, après la révolution de 2011. Il s'était illustré par son intransigeance face à la corruption, ce qui lui avait valu de nombreuses inimitiés au sein de la classe politique. Sous sa direction, l'instance avait lancé plusieurs enquêtes visant des personnalités proches du pouvoir.
Réactions et conséquences
La condamnation de Chawki Tabib a été dénoncée par plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient une atteinte grave à l'indépendance de la justice et à la liberté d'expression. L'Union européenne a exprimé sa « profonde préoccupation » et appelé à un procès équitable. En Tunisie, des manifestations ont eu lieu à Tunis et dans plusieurs villes pour réclamer sa libération.
Cette affaire intervient dans un contexte de recul démocratique en Tunisie, où les institutions sont fragilisées et où les opposants au régime sont de plus en plus souvent poursuivis. La condamnation de Chawki Tabib pourrait avoir un impact dissuasif sur les acteurs de la société civile et renforcer le sentiment d'impunité des corrompus.



