La péninsule ibérique a été frappée, samedi 7 février, par la tempête Marta, causant la mort d’un pompier au Portugal et l’évacuation de pas moins de 11 000 personnes en Andalousie. Ce nouvel épisode climatique, survenant après le passage de la dépression Leonardo, a entraîné d’importantes inondations et des dégâts matériels chiffrés à plusieurs millions d’euros.
Ce qu’il faut retenir
La tempête Marta a balayé la péninsule ibérique ce samedi, causant la mort d’un pompier volontaire au Portugal. Ce nouvel épisode survient après le passage de la dépression Leonardo, portant le bilan humain à trois morts en Espagne et deux au Portugal depuis le milieu de semaine. En Andalousie, le président Juan Manuel Moreno déplore une série de tempêtes inédite. Plus de 11 000 personnes ont été évacuées, notamment à Grazalema, et sont hébergées à Ronda. Les dégâts agricoles et routiers se chiffrent en millions d’euros, tandis que le fleuve Guadalquivir menace Cordoue. Le Portugal et le nord-ouest du Maroc, où 150 000 personnes ont été évacuées, sont aussi durement touchés par ces phénomènes exceptionnels. Une accalmie est attendue ce dimanche en Espagne et au Portugal, avant un retour à la normale prévu par les services météorologiques pour lundi.
La péninsule ibérique a été balayée samedi dernier par la tempête Marta, avec de fortes pluies et des vents violents notamment en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, et au Portugal, où un pompier volontaire est mort en opération dans une rivière, avant une accalmie attendue dimanche. Ce nouvel épisode dantesque est survenu après le passage en milieu de semaine de la dépression Leonardo dans la région, ayant fait deux morts en Espagne et un autre au Portugal, pays qui enchaîne depuis janvier les phénomènes climatiques "exceptionnellement violents", selon les mots samedi du Premier ministre portugais, Luis Montenegro. La péninsule ibérique est en première ligne du dérèglement climatique en Europe et subit des vagues de chaleur de plus en plus longues et des épisodes de fortes pluies de plus en plus fréquents et intenses.
"Nous n’avons jamais vu une telle série de tempêtes"
En Espagne, c’est à nouveau dans la région d’Andalousie que les fortes pluies et les rafales se sont concentrées samedi, selon l’agence météorologique nationale, l’Aemet. Le nord-ouest, mais aussi la capitale Madrid, ont également subi des pluies intenses. "Nous n’avons jamais vu une telle série de tempêtes", a affirmé le président andalou, Juan Manuel Moreno, lors d’un point presse. Des dizaines de routes restaient coupées dans la soirée et le trafic ferroviaire demeurait largement suspendu. Au total, "plus de 11 000 personnes" ont été évacuées ces derniers jours de leur domicile dans les zones affectées.
En accumulant les dégâts matériels causés dans la région par les dépressions Leonardo et Marta, "l’impact économique sera de plusieurs millions d’euros", a prévenu Juan Manuel Moreno, avec "le secteur agricole durement touché" et plus de 500 millions d’euros de travaux de réparation sur les axes routiers. Face à cette situation "inédite", la région "va demander" l’aide de l’État espagnol et du Fonds de solidarité de l’UE, utilisé en cas de catastrophes naturelles majeures, a-t-il ajouté. Dans la matinée, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait de son côté tenu à Madrid une réunion de suivi des intempéries, au lendemain d’un déplacement dans les zones touchées en Andalousie, où il s’était dit "bouleversé".
À Cordoue, le fleuve Guadalquivir menace
À Cordoue, le célèbre pont romain qui enjambe le fleuve Guadalquivir, situé près de la mosquée-cathédrale, a été interdit à la circulation. Une aire de jeux pour enfants était complètement sous les eaux. "Nous sommes inquiets", a reconnu Hilario Díaz, un chauffeur local de 41 ans. Le président régional Juan Manuel Moreno a cependant précisé que le niveau des eaux du Guadalquivir avait légèrement baissé, selon le dernier relevé disponible. Evacués de Grazalema, l’une des communes andalouses les plus touchées, certains habitants ont été, pour leur part, accueillis dans un grand gymnase de la ville de Ronda, à 130 km au sud de Cordoue. "Hier, on m’a dit que ça allait durer longtemps", avant un retour à son domicile, a dit sur place Jesus Ramirez, 37 ans : "Ce ne sera pas une semaine ou deux, ça pourrait être plus".
Accalmie attendue dimanche
Également touché par la dépression Marta, le Portugal voisin enchaîne depuis plusieurs semaines des épisodes climatiques intenses, "une année particulièrement atypique", a reconnu samedi le Premier ministre Luis Montenegro. Première victime officiellement recensée, un pompier est mort "lors d’une opération de patrouille", aux abords d’une rivière dans le centre du pays, a annoncé la protection civile dans un communiqué. Selon des médias locaux, ce pompier de 46 ans aurait été emporté par les eaux en essayant de traverser une zone inondée. Dans la foulée, le ministère de l’Intérieur a exprimé ses condoléances, en précisant que la victime était un gendarme qui profitait d’une journée de repos pour servir en tant que pompier volontaire.
Ailleurs au Portugal, des glissements de terrain ont été rapportés par la protection civile, sans faire, là, de victimes connues. D’après les météorologues, la dépression Marta va commencer à s’éloigner du pays, à quelques heures du début du second tour de l’élection présidentielle, organisé dimanche. Une accalmie est également attendue en Espagne, où seules quelques provinces devraient demeurer dimanche en vigilance orange, avant un retour à la normale prévue lundi. Les violentes intempéries successives dans la zone ont également touché le Maroc, où 150 000 personnes ont été évacuées ces derniers jours dans le nord-ouest du pays, face aux intempéries.



