Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est attendu ce jeudi à Kinshasa pour superviser la réponse à la nouvelle épidémie d'Ebola qui touche l'est de la République démocratique du Congo. Avant son arrivée, il a adressé une lettre ouverte à la population congolaise afin d'assurer que le pays n'était pas abandonné face à la crise sanitaire. « Je veux que vous sachiez que vous n'êtes pas seuls », a-t-il écrit, rappelant également que la RDC avait déjà « vaincu Ebola à 16 reprises ».
Une épidémie provoquée par un variant sans vaccin
L'épidémie, déclarée le 15 mai dans la province de l'Ituri, est provoquée par le variant Bundibugyo du virus Ebola, pour lequel il n'existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique. Des cas ont depuis été signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi qu'en Ouganda voisin. Sur X, Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé à agir rapidement : « La 17e fois ne fera pas exception. Mais nous devons agir maintenant, ensemble ».
Plus de 1 000 cas suspects enregistrés
Selon l'OMS, plus de 1 000 cas suspects et 223 décès ont déjà été enregistrés. L'organisation a déclenché une alerte sanitaire internationale, tout en estimant que les chiffres actuellement disponibles sont probablement sous-évalués. Vendredi dernier, l'agence onusienne a relevé son niveau de risque pour la santé publique en RDC de « élevé » à « très élevé », tout en maintenant un risque « élevé » au niveau régional et « faible » à l'échelle mondiale.
Dans sa lettre, le chef de l'OMS a également évoqué les difficultés auxquelles fait face la population congolaise dans les zones touchées par l'épidémie. « Je sais que beaucoup d'entre vous sont épuisés », écrit-il, citant « le paludisme, la faim, l'insécurité, et la lutte quotidienne pour assurer la sécurité » des familles. « Et maintenant Ebola. Ce n'est pas juste, et je ne prétendrai pas le contraire », ajoute-t-il alors que l'est du pays reste marqué par des violences armées persistantes.
Le conflit en RDC pèse sur la réponse sanitaire
Tedros Adhanom Ghebreyesus doit aussi se rendre vendredi en Ituri, une région confrontée depuis plusieurs années aux attaques de groupes armés. Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, des combats opposent également les forces gouvernementales au groupe armé M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda voisin. Le responsable de l'OMS a de nouveau appelé à un cessez-le-feu, « même temporaire », estimant qu'« aucune cause, aucun conflit, aucun grief ne vaut la peine de condamner des innocents à mourir d'une maladie évitable ».
Réactions internationales
L'épidémie suscite enfin des réactions internationales. L'Ouganda a temporairement fermé sa frontière avec la RDC mercredi en raison de « l'aggravation continue de l'ampleur de l'épidémie ». Aux États-Unis, le secrétaire d'État Marco Rubio a assuré que le pays ne laisserait « pas un seul cas d'Ebola entrer » sur son territoire. En Allemagne, un ressortissant américain contaminé en RDC a été hospitalisé dans une unité spécialisée à Berlin avec son épouse et ses quatre enfants, considérés comme cas contacts. Son état a été jugé « stabilisé » mercredi par l'hôpital.



