Le 1er juillet, traditionnellement connu comme le « jour du déménagement » au Québec, a été fortement perturbé cette année par la crise du logement qui sévit dans la province. Des milliers de locataires ont eu du mal à trouver un nouveau toit, confrontés à une offre insuffisante et à des loyers en forte hausse.
Une tradition bouleversée par la pénurie de logements
Chaque année, près de 300 000 ménages québécois déménagent le 1er juillet, une date unique en Amérique du Nord. Mais cette année, le faible taux d'inoccupation, qui est tombé à 1,5 % à Montréal selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), a rendu la recherche de logement particulièrement ardue. « C'est la pire année que j'aie jamais vue », a déclaré Marie-Ève Gagnon, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).
Des loyers en hausse et des logements inabordables
Les loyers ont augmenté en moyenne de 7,5 % au cours de la dernière année, selon les données de la SCHL. À Montréal, le loyer moyen pour un deux-pièces dépasse désormais 1 200 dollars canadiens par mois. « De plus en plus de gens sont obligés de consacrer plus de 30 % de leurs revenus au logement, ce qui les rend vulnérables », a ajouté Mme Gagnon.
Des solutions insuffisantes face à la crise
Le gouvernement québécois a annoncé un plan de 1,8 milliard de dollars canadiens sur cinq ans pour construire 15 000 logements sociaux et abordables. Cependant, les associations estiment que ces mesures sont insuffisantes. « Il faudrait au moins 50 000 logements sociaux pour répondre à la demande », a affirmé Véronique Laflamme, directrice du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
Des conséquences humaines et sociales
La crise du logement a des répercussions sur la santé mentale et le bien-être des citoyens. « Des familles entières se retrouvent à la rue ou dans des logements insalubres », a déploré Pierre-Luc Bérubé, coordonnateur du Comité logement de la Petite-Patrie. Selon une enquête de la Ville de Montréal, 12 % des ménages locataires ont déclaré avoir vécu une situation d'itinérance cachée, comme dormir chez des proches ou dans leur voiture.



