L'armée américaine débute ce lundi 4 avril une opération majeure pour rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, un passage stratégique bloqué par l'Iran depuis le début du conflit. Cette mission, baptisée "Project Freedom", a été ordonnée par le président Donald Trump et mobilise 15 000 soldats américains, plus de 100 appareils terrestres et maritimes, ainsi que des bâtiments de guerre et des drones, selon le commandement central de l'armée américaine (CENTCOM).
Un blocus iranien qui perturbe le commerce mondial
Depuis l'escalade des tensions, des milliers de navires commerciaux et pétroliers n'ont pas pu franchir le détroit d'Ormuz, l'Iran ayant de facto fermé la navigation. Le porte-parole du commandement unifié des forces armées iraniennes a déclaré que la navigation dans le détroit se fera en coordination avec les forces iraniennes, et que Téhéran répondra avec fermeté à toute menace. Il a également recommandé à tous les navires de s'abstenir de tout mouvement sans coordination avec les forces militaires iraniennes stationnées dans la zone.
Réactions internationales
Le président français Emmanuel Macron, interrogé lors du sommet de la Communauté politique européenne en Arménie, a salué l'initiative américaine tout en restant prudent : "Aujourd'hui je regarde la situation, si les États-Unis veulent réouvrir Ormuz, c'est très bien, c'est ce qu'on demande depuis le début. Nous, on ne va pas participer à quelque opération de vive force que ce soit dans un cadre pour ma part qui ne me semble pas clair."
De son côté, Donald Trump a qualifié sa décision de "geste humanitaire" sur Truth Social, affirmant que les États-Unis guideront les navires des pays concernés "en toute sécurité hors de ces voies navigables restreintes, afin qu'ils puissent poursuivre leurs activités librement et efficacement".
Des enjeux économiques et sécuritaires
Le détroit d'Ormuz est l'un des passages maritimes les plus importants au monde, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. La fermeture de facto par l'Iran a provoqué une flambée des prix de l'énergie et des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement mondiales. L'opération Project Freedom vise à escorter les navires de commerce pour garantir la libre circulation, mais elle risque également d'exacerber les tensions avec Téhéran, qui considère cette initiative comme une provocation.



