Le documentaire « No Other Land », oscarisé en 2025, plonge le spectateur au cœur de la destruction systématique des villages palestiniens de Masafer Yatta, dans le sud de la Cisjordanie. Réalisé par un collectif de cinéastes palestiniens et israéliens, le film suit le quotidien des habitants qui refusent de disparaître face aux bulldozers de l'armée israélienne.
Une zone déclarée militaire depuis les années 1980
Depuis les années 1980, la région de Masafer Yatta, qui abrite une vingtaine de villages agricoles, a été déclarée zone militaire par l'armée israélienne, rendant toute construction illégale. Le documentaire montre comment l'armée détruit méthodiquement maisons, écoles, aires de jeux, canalisations et poteaux électriques, empêchant les habitants, parfois installés depuis le XIXe siècle, de vivre sur leurs terres.
Une scène emblématique du film montre un bulldozer avançant inexorablement malgré les cris des femmes et des enfants, déchiquetant les murs, arrachant les câbles, et réduisant une maison en un tas de gravats. « Devant sa maison, devenue tas de gravats, une femme regarde, hébétée. A ses pieds, sa fille pleure », décrit la critique Hélène Riffaudeau dans le journal.
Un Oscar pour une chronique de la résistance
« No Other Land » a remporté l'Oscar du meilleur documentaire en 2025, une reconnaissance internationale pour ce film qui donne une voix aux Palestiniens de Cisjordanie. Le documentaire est disponible en VOD via L'Atelier d'Images. Il fait partie d'une série de quatorze épisodes intitulée « La séance de rattrapage », qui met en lumière des pépites disponibles sur les plateformes.
Selon la critique, le film est « un document pour l'Histoire, au côté de ceux qui refusent de disparaître sans laisser de traces ». Il montre la résistance quotidienne des habitants de Masafer Yatta, qui continuent à vivre et à cultiver leurs terres malgré les destructions répétées.
Un contexte de conflit israélo-palestinien
La région de Masafer Yatta est au cœur du conflit israélo-palestinien. L'armée israélienne justifie la destruction des constructions palestiniennes par leur caractère illégal dans une zone militaire. Les habitants, eux, revendiquent leur droit à la terre et à un toit. Le documentaire ne prend pas parti, mais montre la réalité crue des expulsions et des démolitions.
Le film a été salué par la critique pour son approche immersive et son refus de laisser les spectateurs indifférents. Il s'inscrit dans une tradition de documentaires engagés qui dénoncent les injustices.



