Nigeria : 25 lycéennes toujours portées disparues après leur enlèvement
Nigeria : 25 lycéennes disparues après enlèvement

Des hommes armés ont enlevé 25 lycéennes de l’école pour filles de Maga, dans l’État de Kebbi, au nord-ouest du Nigeria, dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 novembre 2025. Trois jours après leur enlèvement, elles sont toujours introuvables. Les forces armées nigérianes poursuivaient leurs recherches mardi soir, alors que cet enlèvement suscite des réactions aux États-Unis, où une campagne affirmant que les chrétiens sont persécutés au Nigeria agite les cercles conservateurs, jusqu’au président Donald Trump.

Un enlèvement meurtrier

Les assaillants ont tué le directeur-adjoint de l’établissement, Hassan Makuku. Selon le commissaire à l’information de l’État de Kebbi, Alhaji Yakubu Ahmed, l’une des lycéennes a réussi à s’échapper lorsqu’elle a été traînée de force, portant le nombre de disparues à 24 pour le moment. Au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique de l’Ouest miné par l’insécurité, les enlèvements de masse sont courants, surtout depuis le kidnapping par les jihadistes de Boko Haram de près de 300 écolières à Chibok, dans le nord-est, en 2014.

Appels à prier et polémique religieuse

Aux États-Unis, un membre de la Chambre des représentants, Riley Moore, a appelé à prier pour les lycéennes enlevées. « Bien que nous ne disposions pas de tous les détails concernant cette horrible attaque, nous savons qu’elle s’est produite dans une enclave chrétienne du nord du Nigeria », a-t-il déclaré sur X. Cependant, la police de l’État de Kebbi a affirmé mardi à l’AFP que les lycéennes sont toutes musulmanes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le président nigérian Bola Tinubu a exprimé sa tristesse face à cet enlèvement. Il a souligné que l’attaque a eu lieu malgré les avertissements des services de renseignement concernant une possible attaque des bandits. Le vice-président Kashim Shettima doit se rendre dans l’État de Kebbi mercredi. « Nos forces de sécurité ne peuvent réussir à nous protéger si la population ne coopère pas et ne partage pas les informations qui les aideront à sécuriser nos communautés », a déclaré le président.

Tensions avec les États-Unis

Cet enlèvement survient dans un contexte de tensions entre les États-Unis et le Nigeria. Donald Trump a mentionné des « meurtres de chrétiens » perpétrés par des « terroristes islamistes » au Nigeria et a évoqué la possibilité d’une intervention militaire américaine. Les autorités nigérianes réfutent ces allégations, affirmant que l’insécurité tue plus de musulmans que de chrétiens. Cette rhétorique est relayée à Washington par des élus conservateurs comme Riley Moore et des associations de défense des chrétiens. La rappeuse Nicki Minaj a remercié le président américain pour avoir fait de cette question une priorité lors d’une table ronde organisée mardi à New York par l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, qui dénonce « un génocide qui porte le masque du chaos » au Nigeria.

Décision américaine imminente

Les parlementaires américains doivent décider jeudi si le Nigeria doit intégrer la liste des pays « particulièrement préoccupants » en termes de liberté religieuse, comme demandé par Donald Trump. Des sanctions pourraient alors viser des responsables nigérians. Lundi, le chef de l’état-major de l’armée nigériane, le général Waidi Shaibu, a ordonné à ses troupes de mener des recherches « jour et nuit ».

Témoignage poignant

L’épouse du directeur-adjoint tué a raconté avoir été réveillée en pleine nuit par des bruits. Des hommes armés ont fait irruption dans leur domicile. « Nous avons commencé à nous battre avec eux et l’un d’eux a sorti son arme et a tiré sur mon mari, puis il m’a traînée par la main hors de la maison », a-t-elle témoigné sur la chaîne Channels. « J’étais encore en train de crier quand ma fille est arrivée, ils m’ont laissée et l’ont prise », a-t-elle ajouté, précisant que sa fille avait finalement pu s’échapper.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Deuxième enlèvement massif en quatre ans

Il s’agit du deuxième enlèvement massif d’élèves à Kebbi en quatre ans. En 2021, des bandits avaient enlevé plus de cent élèves et certains membres du personnel du Federal Government College de Yauri. Les élèves ont été libérés petit à petit au cours des deux dernières années, certaines ayant été mariées de force et revenues avec des bébés.

L’État de Kebbi est pris en étau entre la menace jihadiste provenant du Niger frontalier et celle des bandits, des gangs criminels qui pillent les villages, rançonnent, enlèvent et tuent les habitants dans tout le nord du pays. Beaucoup opèrent depuis des campements dans la forêt de Zamfara, située non loin de Maga, à cheval sur plusieurs États, d’où ils lancent leurs attaques.