Neil Makaroff, l'optimiste qui veut soutenir et protéger le « made in Europe »
Malgré les turpitudes du Green Deal, l'auteur de « Décarboner ou décliner ? » s'active, notamment avec le think tank Strategic Perspectives, « pour créer une préférence européenne dans les commandes publiques ». Par Morgane Bertrand.
Contrairement à ce que laisse croire son prénom, Neil Makaroff, 33 ans, n'a pas d'origine anglaise. « Quand je suis né, la mode était aux prénoms anglo-saxons, les Kevin, les Jordan…, raconte-t-il. La mairie communiste n'en voulait pas, mais mes parents ont dit que c'était ça ou rien. Raison pour laquelle je n'ai pas de deuxième prénom ! » Il a bien, en revanche, des origines russes : d'un côté, des arrière-grands-parents exilés en France pour fuir la révolution bolchevique, de l'autre, une grand-mère ukrainienne… Une généalogie qui a donné à ce diplômé de Sciences-Po Grenoble l'envie d'apprendre la langue de Dostoïevski, de poursuivre ses études à Saint-Pétersbourg – « c'est là, dans le dortoir où étaient logés les étrangers, que je me suis vraiment senti Européen » –, et l'a finalement conduit dans les arcanes de Bruxelles, où l'Europe se tricote et se détricote.
Un sujet l'habite : comment décarboner notre industrie, nos transports, notre chauffage, pour lutter contre le dérèglement climatique. Il a travaillé dessus en tant que lobbyiste du fret ferroviaire (sans grand succès) puis comme responsable des politiques européennes au sein du réseau Action Climat…
Neil Makaroff incarne une génération d'optimistes pragmatiques. Pour lui, la décarbonation n'est pas une utopie mais une nécessité économique et politique. Son livre « Décarboner ou décliner ? » propose des solutions concrètes, notamment via une préférence européenne dans les marchés publics. Il défend l'idée que l'Europe doit protéger ses industries vertes face à la concurrence chinoise et américaine. Avec le think tank Strategic Perspectives, il élabore des stratégies pour renforcer la souveraineté industrielle du continent tout en accélérant la transition écologique.
Son parcours illustre une conviction : l'Europe peut être un moteur du changement climatique si elle utilise ses leviers réglementaires et financiers. Malgré les obstacles politiques, Neil Makaroff reste confiant : « Nous avons les solutions, il manque juste la volonté politique. »



