Des médecins radiés franchissent la frontière belge pour exercer
Médecins radiés : la fuite vers la Belgique

Depuis plusieurs années, des médecins français radiés de l'Ordre des médecins pour fautes professionnelles ou comportements inappropriés trouvent une échappatoire en franchissant la frontière belge. En Belgique, les règles d'inscription à l'Ordre des médecins sont moins strictes, permettant à ces praticiens de continuer à exercer leur métier, parfois au grand dam des autorités sanitaires françaises.

Un système de contournement bien rodé

Le phénomène n'est pas nouveau, mais il prend de l'ampleur. Selon une enquête du journal Le Monde, plusieurs dizaines de médecins radiés en France ont réussi à s'inscrire en Belgique, souvent en fournissant des documents incomplets ou en omettant leur radiation. Une fois inscrits, ils peuvent exercer librement dans les cliniques et hôpitaux belges, mais aussi, grâce à la libre circulation des professionnels de santé au sein de l'Union européenne, revenir exercer en France via des consultations transfrontalières.

Des failles réglementaires exploitées

Les différences entre les systèmes français et belge sont au cœur du problème. En France, la radiation est une décision lourde, souvent prise après des années de procédure. En Belgique, l'Ordre des médecins ne vérifie pas systématiquement les antécédents des candidats à l'inscription, surtout s'ils viennent d'un autre pays européen. De plus, la Belgique dispose de moins de moyens pour contrôler les praticiens étrangers. Cette situation crée un véritable vide juridique, permettant à des médecins radiés pour des motifs graves (abus sexuels, fautes médicales, fraudes) de retrouver une patientèle.

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Des conséquences pour les patients

Pour les patients, le risque est réel. Ils peuvent consulter un médecin sans savoir qu'il a été radié en France. Les associations de défense des patients tirent la sonnette d'alarme. « C'est une porte ouverte à l'insécurité sanitaire », dénonce une représentante d'une association de patients. Les autorités belges, de leur côté, reconnaissent le problème mais peinent à y remédier, faute de coopération systématique avec la France.

Des pistes de solution

Plusieurs pistes sont envisagées pour endiguer ce phénomène. La première serait de renforcer l'échange d'informations entre les ordres des médecins français et belge. Une base de données commune, accessible en temps réel, permettrait de vérifier le statut d'un médecin avant son inscription. Une autre piste consisterait à harmoniser les règles de radiation au niveau européen, mais cela semble difficile à court terme. En attendant, les patients sont invités à vérifier eux-mêmes les antécédents de leur médecin via les registres en ligne.

Un phénomène qui interroge

Cette situation soulève des questions plus larges sur la régulation des professions médicales en Europe. Alors que la mobilité des professionnels est encouragée, les failles dans les systèmes de contrôle créent des risques. La frontière franco-belge devient ainsi une zone grise, où des médecins radiés peuvent exercer en toute impunité. Les autorités sanitaires des deux pays sont désormais confrontées à un défi de taille : protéger les patients tout en respectant les principes de libre circulation.

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